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[Video] Structurer son discours pour mieux parler en public

En juin 2011, j’ai intégré un club Toastmaster afin d’améliorer ma prise de parole en public (vous pouvez retrouver l’ensemble de mes discours ici). Suite à votre enthousiasme, j’ai décidé de continuer à vous faire partager mon expérience dans cet apprentissage. Je publie chacun de mes discours en vidéo en expliquant sa spécificité, chaque discours visant à améliorer une facette particulière dans l’arsenal du bon orateur. Dans cet article, je vous propose donc de découvrir mon second discours intitulé « Le Paris sportif ».

Son objectif ? La structuration.

<– La vidéo de mon discours est juste en dessous. MAIS AVANT, je vous invite fortement à lire les deux paragraphes suivants car ils vous permettront de mieux saisir le contexte du discours –>

Pourquoi structurer un discours ?

La première raison est d’en accroître l’impact. Lorsque votre discours est structuré, l’auditoire écoute avec d’autant plus d’attention que vous prenez le temps d’organiser vos idées dans une certaine logique. De plus, structurer un discours présente de nombreux avantages :

  • il est plus facile à comprendre
  • l’auditoire s’en souvient plus facilement
  • il est plus crédible
  • il est plus agréable à écouter

La structuration d’un discours consiste à :

  • Préparer un plan rationnel qui permette aux auditeurs de suivre et de comprendre le discours sans difficulté
  • Clarifier le message en sélectionnant judicieusement les données  ou les arguments qui le renforceront
  • Faire des transitions harmonieuses entre deux idées
  • Préparer une introduction et conclusion qui frappent les esprits

Objectifs atteints ? La réponse dans la vidéo.

Image de prévisualisation YouTube

Comment structurer un discours ?

La première étape est de trouver le choix du sujet. Vivant à Paris, j’ai décidé de parler de cette ville et plus particulièrement des possibilités (ou non) offertes pour faire du sport. Je me suis attaché à ce que mon sujet soit à la portée de n’importe qui et qu’il ne soit pas trop vaste. Il faut garder en tête que ce discours doit durer entre 5 et 7 minutes et que j’ai besoin de ce temps pour exposer en totalité une seule facette d’un vaste sujet. Une fois mon sujet choisi, j’ai défini les idées que je souhaitais développer.

La seconde étape a été d’organiser mes idées selon une suite logique. Il existe plusieurs angles d’approche possibles pour organiser ses idées :

  • Le problème et sa solution : il s’agit d’exposer un problème et de proposer une façon de le résoudre. C’est ce type de plan que j’ai choisi pour ce discours.
  • La chronologie : le discours s’organise selon le déroulement temporel des événements
  • La causalité : ce type de discours démontre la relation de cause à effet
  • La comparaison : il s’agit de comparer ou d’opposer plusieurs propositions, généralement dans le but de convaincre l’auditoire que l’une est préférable à l’autre.
  • Les thèmes subsidiaires : dans un discours de ce genre, le sujet principal est subdivisé en thèmes.

Une fois les idées organisées selon une suite logique, je me suis attaché au corps du discours. Ce dernier contient les faits et les idées que je souhaite exposer. On parle ici d’idées principales.

Dans mon discours, les deux idées principales étaient : il est difficile de faire du sport à Paris et/mais il existe des astuces pour éviter ces difficultés.

Ces idées principales sont ensuite déclinées par des idées secondaires. Dans le premier cas, il est difficile de faire du sport à Paris car il y a beaucoup de monde et finalement peu de place libre dans les salles de sport (idée secondaire 1 pour l’idée principale 1) et les abonnements sont chers (idée secondaire 2 pour l’idée principale 2). J’illustre ma seconde idée principale par deux idées secondaires : le multisport citadin et la méthode CLOE.

Ces mêmes idées secondaires doivent être étayées par tous les moyens disponibles : des statistiques, des témoignages, des exemples, des histoires, des anecdotes, des supports visuels, des faits. Par ex : ma réservation du cours de tennis, les abonnement dans les salles de musculation, le métro ou comment faire de la boxe gratuitement grâce à la méthode CLOE.

Il faut également faire attention à soigner les transitions pour aider l’auditoire à passer  sans heurts d’un sujet à l’autre. Ce sont des ponts précieux qui permettent aux auditeurs de suivre la suite logique du discours.

Rappel des points à améliorer identifiés lors du premier discours

  • Introduction : la dernière fois, elle était trop longue. Je pense que cette foi-ci, on peut considérer l’introduction mieux réussie. Elle était percutante et surtout inattendue. En tout cas, je n’ai eu aucune remarque particulière de ce côté lors de l’évaluation. Dans le fond tout de même, je sais que je peux mieux faire. On peut constater un temps de chauffe mis en valeur ça et là par plusieurs hésitations dans les premières secondes du discours  : les fameux « euh ». Ensuite, le discours était beaucoup plus fluide. Ces hésitations restent selon moi pénalisantes et empêchent de capter directement l’attention de l’auditoire. Ce serait comme démarrer une course en restant coincé dans les starting blocs…
  • D’ailleurs les hésitations, c’était un point auquel je devais faire attention. Le premier discours avait montré un grand nombre d’hésitations. C’est mieux dans ce deuxième discours mais encore perfectible.
  • Prendre le temps de respirer, ce n’est pas une course. Je pense que c’est mission accomplie dans ce second discours. :)
  • Se focaliser sur un point précis. Là aussi, je pense avoir réussi. Le sport à Paris est assez spécifique pour être traité dans un discours. Si j’avais parlé plus généralement du sport, l’angle d’attaque aurait été trop large.
  • Varier l’intonation de la voix. Je n’ai pas eu de nouvelle remarque sur le sujet. Dans tous les cas, ce point précis fait l’objet du discours n°6 dans le parcours de l’apprenti Toastmaster. J’aurai le temps de me pencher sur le sujet à ce moment là. 😉

De l’humour

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais le discours était ponctué de certaines touches d’humour et ne se prenait pas vraiment au sérieux. Pour cause, il y a 15 jours avait lieu un concours de discours humoristiques au sein de mon club. Je comptais initialement y participer mais n’ai pas eu le temps de finaliser mon discours à temps. J’ai donc repris mes idées « humoristiques » pour les intégrer dans ce discours structuré. L’humour dans un discours pourrait faire l’objet d’un article entier… Il ne faut pas hésiter à en jouer ça et là dans les discours. Cela rend l’auditoire plus perceptif.

Les points forts de ce second discours (selon les évaluateurs)

  • 2ème discours sans note
  • Discours bien structuré répondant aux objectifs du discours mentionné en début d’article
  • Bon humour
  • Bonne gestuelle
  • De l’imagination
  • Sympathique et vivant
  • Utilisation d’un accessoire pour appuyer le discours

Les suggestions d’amélioration

J’ai reçu très peu de points à améliorer. 😉 J’ai eu cependant une remarque concernant ma mobilité. Je suis resté relativement statique alors que le sujet se prêtait effectivement à la mobilité. C’est un point qui fera l’objet d’un prochain discours dans mon apprentissage.

  • 4 hésitations surtout concentrées en début de discours. Le reste était plus fluide.
  • Auto-critique. Mon discours n’a duré que 5:40. J’avais une plage de 5-7 minutes. Lors de mes répétitions, mon discours durait environ 8 minutes, ce qui était trop. Lors de mon passage, j’ai donc préféré enlever deux parties visant à étayer une idée secondaire. Finalement, j’aurais eu le temps de les dire. C’est à point sur lequel je devrais m’attacher la prochaine fois : bien maîtriser le timing.
  • Une introduction qui démarre sur les chapeaux de roues en veillant bien à ne pas hésiter sur les mots.

Je vais désormais me pencher sur mon projet de discours n°3 visant à aller à l’essentiel, c’est-à -dire que ce discours devra avoir une finalité soit d’ordre général (informer, persuader, distraire ou inspirer) et/ou particulière (amener les auditeurs à entreprendre quelques chose à l’issue du discours). Vous retrouvez bien entendu le débriefing sur le blog. :)

En attendant avez-vous des remarques sur ce deuxième discours qui pourrait m’être utile pour le prochain ? Je serais ravi de vous entendre :)

10 réponses
  1. Halina
    Halina dit :

    Bonjour Romain,

    J’ai visionné les deux vidéos que tu as postées et lu les
    commentaires. N’arrivant pas à répondre via le formulaire (une lacune
    dans mon éducation TIC semble-t-il), je te fais part ci-après de mes
    remarques.

    Ta deuxième prestation semblait plus structurée que la première, sans
    doute grâce aux « respirations » ménagées dans ton discours.

    En effet, les pointes d’humour qui ont ponctué ton intervention ont permis :
    – à l’audience de réagir en exprimant une émotion (joie), ce qui a eu
    un effet de recentrage sur l’écoute,
    – d’imager tes propos, un peu trop théoriques dans la vidéo sur la
    musique. Lorsqu’on ajoute des images et des sensations au discours,
    l’écoutant « voit » et « sent » ce qu’on lui explique, il se trouve
    transporté dans la ville, la sensation, la situation que tu décris et
    du coup se retrouve au coeur du récit, en quelque sorte acteur.

    J’ai remarqué que, en dehors de la question que tu renvoies aux
    auditeurs (fin de vidéo sur la musique), tu ne poses pas beaucoup de
    questions à ton auditoire.
    Or, pour créer un lien avec les participants, il est intéressant de
    poser, ça et là, une question clé (dont tu as préparé la réponse bien
    sûr) car cette question ne servira qu’à redonner une dynamique aux
    personnes qui t’écoutent.
    Les questionner, c’est les faire réfléchir, donc agir – et cela crée du lien.

    Je profite de ce message pour te remercier pour ton blog très intéressant.
    Amicalement,
    Halina

    Répondre
  2. Romain
    Romain dit :

    Je te remercie Halina pour tes précieuses remarques et notamment celle portant sur les « questions à l’auditoire ». J’avais déjà remarqué ce détail sans l’avoir jamains vraiment consciemment utilisé. Voici donc une piste à mettre en œuvre lors de mon prochain discours ! Merci !

    Répondre
  3. Patrick
    Patrick dit :

    Bonjour Romain,

    Effectivement des progrès…. pour cette deuxième. Bravo !
    Je suis tout à fait d’accord avec Halina et pour cause :)

    Ce que tu pourrais développer (pour éviter les hésitations) ce sont quelques règles essentielles proposées par l’homme de la situation que tu as interviewé récemment Lorenzo qui est comme tu le sais, peut-être, l’un de mes parrains, membre conseil de mon comité d’experts sur Mémoire Facile :

    => En amont bien définir les personnes à qui tu t’adresses : le public visé ;
    => Tu as là, un rôle à jouer (comédie ou toi-même). Lorsque je réalise des conférences ou simplement des cours face à mes étudiants, j’ai un rôle différents – tout en essayant d’être naturel, sincère – pose-toi la question du rôle : séduire, conter etc. ;
    => Bien préciser noir sur blanc, l’objectif (du personnage incarné) que tu t’es donné pour cette action ;
    => Et puis les règles de base de Lorenzo pour capter ton audience : sourire – conviction et enthousiasme (vivre ton discours).

    Effectivement, tu as su faire réagir ton public avec de l’émotion, en utilisant un maximum d’imageries mentales (nos différents sens)…
    Il faut aller encore plus « Et Là » je touche le Décodeur du non verbal : tout ce que ton corps pourras traduire sur « scène ». Gestuelle liée à ce que tu dis, tout en retournant de temps à autres, la situation vécue vers l’auditoire (par des questions ou simplement par le : imaginez-vous… ).
    Voilà Romain, j’adore l’objet de communication et je l’améliore depuis que je travaille avec Lorenzo et son équipe. Il y a toujours du travail et de l’investissement à fournir pour atteindre ses rêves…

    Un dernier mot Romain, j’ai enfin pensé (avec mes excuses) à ajouter ton lien sur mon blog (en pieds de page)… J’ai du mal car je n’ai plus pour l’instant de développeur technicien.
    A très bientôt, pour un échange d’article peut-être et pourquoi pas, un article pour toi sur mon vécu avec Lorenzo, cette année (changement d’attitude, motivation et communication en général) :)
    Patrick

    Répondre
    • Romain
      Romain dit :

      Bonjour Patrick,

      Je ne savais pas que Lorenzo était l’un de tes parrains. Nous nous sommes de nouveau croisés lors du W2C le week-end dernier. Il a tenu d’ailleurs une session sur le pouvoir de la voix afin de mieux convaincre. 😉

      En tout cas, je te remercie pour ton retour. En jetant un œil sur les prochains discours que je tiendrai, certains des objectifs que tu mentionnes y figurent. Je ne manquerai donc pas de m’améliorer sur ces points.
      D’ailleurs, pour éviter les hésitations du début, il est conseillé d’apprendre par cœur l’introduction afin de rentrer directement dans le feu de l’action mais également d’appliquer la même chose pour la conclusion afin qu’elle soit mémorable.

      Enfin, j’ai également fait un upgrade de ma sidebar et pour un article invité, tu as mon adresse email 😉

      Répondre
  4. Emmanuelle
    Emmanuelle dit :

    Bonjour Romain,

    Je suis d’accord avec les commentaires ci-dessus, sur le fait qu’il est important de poser des questions à son auditoire dès le départ, pour voir s’il suit, s’il est bien là et s’il est intéressé par ton sujet.

    Parfois, des gens viennent t’écouter par ce qu’on leur a dit de venir ou bien par ce qu’ils ont eu une certaine interprétation de l’annonce de ta conférence. Donc Oui, leur demander s’ils sont bien venus au bon endroit. Sinon tu risques d’avoir de soucis vibratoires pendant tout le temps de ton discours.

    Voilà ma petite contribution à ton travail qui semble bien apprécié de façon générale.

    Emmanuelle

    Répondre
    • Romain
      Romain dit :

      Bonjour Emmanuelle,

      Les questions, les questions… il faut absolument que je m’y mette 😉
      J’étais le week-end dernier au Webdeuxconnect. Beaucoup d’orateurs de grande qualité. J’ai remarqué que les questions en introduction permettent également de sonder l’auditoire, l’orateur peut ainsi savoir à qui il s’adresse et adapter sa présentation en conséquence.

      Répondre
  5. Azeddine
    Azeddine dit :

    Bonjour Romain.
    Entant qu’ancien formateur à Paris, je me permets de vous faires quelques remarques.
    Votre discours est bien structuré, il respecte un plan préétabli. Votre gestuel est mécanique, alors que vous devez changer d’attitude, en vous déplaçant constamment pour attirer l’attention du public.
    Il faut sortir des sentiers battus, même tourné à l’autodérision, sans tomber dans l’autoflagellation pour embarquer le parterre dans votre discours.
    Faire partager votre passion, monter à quel point vous tenez à faire du sport, votre attitude reflète que c’est un sujet imposé.
    Pour vous aider imaginez que vous êtes un comédien, vous devez interagir avec votre auditoire les regarder dans les yeux pour détecter leurs réactions (le silence, l’ennui, l’éveil, le rire, les applaudissements, la fatigue, des personnes quittant la salle , …).
    Le feed-back est votre tableau de bord durant votre discours, un bon pilote doit bien changer de commandes face aux turbulences.
    Un discours bien réussi doit comporter 30 % de connaissances et le reste doit servir pour épater la galerie.
    Le fait de mettre sa main dans la poche montre que vous mépriser votre auditoire ou que le sujet ne vous intéresse pas.
    Cordialement

    Répondre
    • The Europeans
      The Europeans dit :

      Vous pouvez compliquer l’exercice, en le faisait dans une autre langue! Ce qui arrive forcément quand vous travaillez à l’international. Paradoxalement, dans une langue étrangère, il arrive de faire moins d’hésitations (ou carrément plus!)

      Répondre

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