Stu Dunn

Comment utiliser le non-verbal dans le marketing de produit ? Interview avec Stu Dunn

J’interview aujourd’hui Stu Dunn, expert néo-zélandais du comportement non-verbal. Dans cette interview, Stu nous explique :

  • Comment décoder le non-verbal peut-être efficace dans le marketing (lancement de produit) ?
  • Quels sont les 5 canaux de la communication non-verbale ?
  • Comment il est possible de gagner à la bataille navale en décodant le visage ? 😉
  • Une technique ultra-efficace pour capter facilement les microexpressions
  • Et bien plus encore …

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Transcription texte de l’interview avec Stu Dunn :

Romain Collignon : Bonjour à tous ! Ici Romain, le Décodeur du non-verbal. Alors aujourd’hui je me trouve en conversation Skype avec Stu Dunn pour une interview. Alors Stu, c’est un expert qui est reconnu du langage corporel, comme vous vous en doutez, Stu n’est pas français, il vit en Nouvelle-Zélande, donc là, si il est dix heures du matin chez lui, il est vingt-deux heures ici à Paris. Alors je vais switcher dans quelques instants en Anglais pour l’interviewer sur son expertise et apprendre des choses très croustillantes sur sa pratique de la communication verbale et puis avec la magie des sous-titrages, et bien vous allez pouvoir écouter cette interview comme si de rien n’était ! Alors bonjour Stu !

Stu Dunn : Bonjour ! Comment allez-vous ?

Romain Collignon : Je vais bien. Comment s’est passé votre matinée ?

Stu Dunn : Excellente, excellente ! Elle a été assez chargée mais  une très bonne journée !

Romain Collignon : Alors pour commencer rapidement, pouvez-vous nous dire qui vous êtes ? Comment êtes-vous devenu un expert du langage corporel ?

Stu Dunn : Bien sur ! Alors je m’appelle Stu Dunn, je vis en Nouvelle-Zélande, ma compagne et moi sommes actuellement les seuls en Nouvelle-Zélande à avoir la certification FACS, ce qui est un détail clé, c’est une bonne chose pour pouvoir se déplacer, par ailleurs, je me suis intéressé au langage corporel et la communication non-verbale depuis longtemps déjà, et j’ai toujours voulu comprendre plus de choses concernant les personnes, leurs motivations, comprendre pourquoi les gens font certains gestes, c’est ce qui m’a amené à la psychologie et à étudier le langage corporel. Autre chose que j’ai découvert et qui est en relation avec une autre de mes activités : je pratique les arts martiaux. J’ai pratiqué les arts martiaux pendant plusieurs années et j’ai découvert qu’étudier le langage corporel m’a aidé en fait dans la reconnaissance du danger aussi bien que dans différentes perspectives, donc effectivement il y a là un lien extraordinaire. J’ai étudié le langage corporel durant un temps, et j’ai commencé depuis quelques années à essayer de simplifier des informations qui sont à la base très compliquées et à les rendre simples et accessibles aux gens et de là, j’ai pensé à écrire un livre et de mettre tout cela en huit petits modules et c’est de là qu’est venu le programme 101 (One-O-one) et le programme 202 (two-O-two) et c’est de là qu’est venu le livre.

Romain Collignon : Donc vous avez un livre que vous venez tout juste d’écrire ?

Stu Dunn : Oui j’ai écrit un livre sur la communication non-verbale qui s’appelle « True lies » qui est un guide pour décoder les visages, interpréter le langage corporel et détecter les mensonges dans la vraie vie et le but en est d’apporter l’information au monde, en un seul livre, ce n’est pas un gros livre, mais il essaye de simplifier les choses, de les rendre compréhensibles avec des exercices que les gens peuvent faire.

Romain Collignon : Très bien. Merci. Donc il y a votre livre « True lies » et vous avez parlé aussi de formation 101 ?

Stu Dunn : Pas seulement 101, il en existe plusieurs versions : une version 101 que les gens effectuent pratiquement en ligne et il existe aussi une version sur 2 jours où on anime des ateliers, le matériel reste le même mais il est juste présenté un peu différemment.

Romain Collignon : Très bien. Merci !

Stu Dunn : Je vous en prie !

Romain Collignon : Merci de prendre le temps de partager avec moi toutes ces informations. Très bien, alors que vouliez-vous dire après cela puisque je vous ai coupé en pleine conversation ?

Stu Dunn : Concernant cette expérience, je l’ai trouvée assez amusante. Concernant comment devenir un expert, il est plutôt question de comment continuer de faire quelque chose que l’on apprécie vraiment et comment en venir à la maitriser de mieux en mieux par la pratique, il m’a donc fallu un nombre d’heures incalculable d’analyse de vidéos, aller de l’avant et travailler pour ensuite être capable d’aider et enseigner aux gens et pour ma part, j’apprends encore plus en enseignant à d’autres personnes : plus on enseigne plus on comprend puisqu’on se retrouve confronté à des questions et on se doit de bien connaitre le sujet dont on parle.

Romain Collignon : Il y a d’ailleurs une phrase latine qui dit : « Lorsqu’on enseigne un sujet on en apprend davantage sur ce sujet-là ».

Stu Dunn : Absolument !

Romain Collignon : C’est de cette façon que l’on devient un expert et que l’on en apprend de plus en plus avec ses clients et ses étudiants.

Stu Dunn : C’est très amusant, avec chaque nouvelle personne qui vient on se retrouve confronté à une nouvelle question.

Romain Collignon : Oui oui ! Je le sais, c’est aussi le cas avec mes lecteurs. Nous pourrions peut-être aller plus dans les détails de votre travail quotidien. Comment transmettez-vous votre connaissance, vous avez parlé de votre livre, vos cours en ligne, vos ateliers… comment procédez-vous avec vos clients ou vos élèves ?

Stu Dunn : Je répartis les choses en deux catégories différentes : la première serait les formations et c’est ce dont on parle là, le planning de ces formations se fait à travers les formations en ligne et les ateliers ainsi que, nous faisons aussi des séminaires, on organisera éventuellement pour les trois prochains mois à propos de comment aider dans le programme scientifique et enseigner, comment utiliser le langage corporel et le non-verbal en général, dans le but de démarrer une vente. Mais nous essayons de simplifier parce qu’on ne peut pas simplement assommer les gens comme ça, nous en avons parlé par exemple, quelque chose d’aussi simple que d’essayer de comprendre les motivations des gens, ce qui est une chose clé et ensuite aider à établir des rapports parce que si l’on arrive à avoir ces deux ingrédients-là alors on a un processus de vente réussi,  ceci est la partie formation, il y a toujours quelque chose qui aide de ce coté-là, d’autre part, il y la le consulting  et c’est là que des gens viennent me voir en me disant : « Pouvez vous nous aider avec ceci ou cela ? ».

Romain Collignon : Est-ce des compagnies ou bien juste des gens qui viennent vous voir ?

Stu Dunn : C’est un peu les deux, ma toute première véritable intervention importante a été en fait quand on m’a demandé d’analyser une vieille vidéo de police, un Interrogatoire de police, ce qui a été une chose vraiment fantastique. On a eu des compagnies et des particuliers  qui viennent de tout part. Bien que cela semble impressionnant que de pouvoir analyser et avoir accès à des interrogatoires criminels, mais la plus grande partie du travail que nous faisons est en fait de la surveillance d’émotions en ce qui concerne la publicité, donc ce n’est pas nécessairement impressionnant (rires).

Romain Collignon : Je pense que c’est l’étape qui suit le marketing et la vente, pour savoir comment les gens réagissent à la publicité.

Stu Dunn : Oui absolument, il y a des gens si vous leur poser la question : « Ce produit vous plait-il ? » ils vous répondront : « Oui ! » mais ce qu’ils ressentent réellement, ce que leurs visages disent, ce que leur langage corporel dit, même si tous semble dire que ça leur plait vraiment, il peut y avoir des contradictions. Il y a donc tout un processus concernant le marketing ou neuromarketing, tel qu’appelé parfois, pour définir si oui ou non une compagnie va dépenser des millions de dollars dans le lancement d’un produit que les gens n’aiment pas en fait.

Romain Collignon : Ok. J’ai vu aussi un logiciel en ligne dont je ne me rappelle pas le nom mais il s’agissait d’une webcam qui pouvait analyser les visages et dire si la personne appréciait ou pas un produit. Ce que vous faites est-ce juste avec des vidéos ou également dans la vraie vie ?

Stu Dunn : En comparaison au travail fait dans la vrai vie, je suis plus précis quand je travaille avec des vidéos puisque j’ai la possibilité de mettre sur pause, de revenir en arrière et d’avancer autant de fois que je le veux, pour confirmer l’analyse et le tout est d’essayer de savoir si cette personne a éventuellement une micro-expression ou expression subtile ou si la personne refait le geste encore et encore ce qui est devenu une manie donc la ligne de base, comme une personne qui se mordille tout le temps l’intérieur de la bouche, ce qui devient le comportement normal de cette personne on doit donc attendre de l’interrogatoire commence, on doit prendre note de cela et ne pas mélanger avec une émotion non plus ; juste essayer d’être clair.

Romain Collignon : Je pense que oui, c’est quelque chose d’assez plaisant à faire. Les activités criminelles font penser plus à « Lie to me » ou ce genre d’émissions télé, c’est ce qu’on regarde, mais pour le neuromarketing/marketing ça semble quelque chose d’intéressant parce que je pense que pour une compagnie il est mieux d’avoir  un produit qui soit intéressant pour les gens et que ces derniers veulent acheter, car si vous lancer un produit et que personne n’en veuille… !  Donc je pense que c’est une utilisation intéressante du langage corporel et de l’expression faciale.

Stu Dunn : Absolument ! Je crois qu’il y avait un produit Coca Cola, je crois que c’était Cherry Cola ou quelque chose comme ça, et les gens prenaient de petits verres pour gouter et disaient : « Humm c’est bon ! » ça a donc été lancé. On peut le voir aussi avec d’autre gens n’ont pas aimé un produit en disant : « Huu Mon Dieu ! », donc être capable de voir les expressions des gens et aider les compagnies à économiser beaucoup d’argent.

Romain Collignon : Ok. Merci. Je sais que vous dispensez des formations, vous êtes consultant, vous écrivez des livres sur le langage non-verbal. Avez-vous d’autres activités dans ce domaine du langage corporel ?

Stu Dunn : Eh bien travailler avec des universitaires est une autre activité que j’ai commencée, donc fait beaucoup de FACS Facial Actions Coding System, dans les débuts de ce nouveau programme ça été assez original mais  cela devient de plus en plus courant en Nouvelle-Zélande ce qui est extraordinaire, à l’université pour les gens qui travaillent sur ce sujet, donc c’est très intéressant à faire. J’ai aussi travaillé avec quelqu’un qui travaillait sur les faciales et nous avons créé quelque chose qui va éventuellement bientôt être lancée qui est en fait une application pour téléphone qui permet d’être capable de distinguer les fausses expressions des vraies à partir d’une série d’images ou de vidéos. Ça ne remplacera pas le talent humain bien sûr dans la détection des micro-expressions qui est quelque chose de différent mais ça reste quelque chose de super, je suis impatient quant au lancement. Votre question était quelles sont mes autres activités dans ce domaine ? C’est éventuellement aider les gens à comprendre, souvent il y beaucoup de questions qui nous parviennent via Facebook et les blogs auxquelles nous y répondons avec ma femme Bridget.

Romain Collignon : Pour ce qui est du langage corporel, vous pouvez le décoder, les mouvements, la gestuelle, mais vous pouvez aussi avoir comme une grande influence avec votre propre langage corporel, avez-vous des personnes qui vous demandent : « Comment devons-nous nous comporter ? » ou des questions dans ce genre ?

Stu Dunn : Nous en avons souvent, spécialement pour des réunions de ventes, des discussions sur les ventes où des personnes nous disent : « Je dois faire une présentation et je veux avoir de l’assurance, que dois-je faire ? il y a différentes méthodes de travailler ce point, c’est une connexion esprit-corps : si on reste confiant le taux de testostérone et cortisol augmente en fait dans notre corps et on se sent plus confiant, si on peut se contrôler d’une certaine manière, cela va accroitre notre confiance en soi et on se sentira mieux, et en langage corporel plus on se ferme, plus on se cache plus ceci va laisser une mauvaise impression aux gens, vous pouvez ne pas vous sentir nécessairement mal, mais c’est ainsi que les gens le percevront, la solution est donc  d’essayer d’être plus ouvert, plus détendu, et trouver le moyen de vous sentir plus à l’aise.

Romain Collignon :Ok. Merci Stu, je suis juste entrain d’écrire et de traduire au français en même temps que je vous écoute. Mais ça va, j’arrive à gérer ! Peut-être que nous pouvons passer à une autre question ; j’ai suivi votre site web et ça parle assez souvent de cinq canaux de communication, pouvez-vous nous en parlez ? Comment les utilisez-vous en fait ?

Stu Dunn : Bien sûr ! Ces cinq canaux de communication sont : le visage, le langage du corps et la gestuelle, la voix, le style verbal et les déclarations verbales. La question est : pourquoi cela est-il relevé ? Les cinq canaux de communications interviennent naturellement dans le thème de la détection de mensonges à travers la communication non-verbale, ou à travers les indices comportementaux, donc pour commencer et introduire normalement ce que certains appellent l’étape 2, la première étape pour détecter le mensonge à travers les indices comportementaux, c’est d’établir une ligne de base qui signifie la façon normale dont une personne se comporte et toutes les variantes seront considérées bien évidemment étrangères à cette ligne de base. Si une personne est naturellement assise confortablement et que dès qu’une question lui est posée, elle se sent soudainement mal à l’aise, cela signifie que quelque chose a changé ! donc il y a quelque chose en rapport avec cette question. Donc ce que nous faisons c’est chercher les réactions et pas seulement les attitudes habituelles, etc. L’astuce suivante pour l’observation c’est de rechercher des groupes d’informations en cluster et là les variations de la ligne de basent ont lieu, on peut aussi faire référence à ces groupes d’information comme étant des zones sensibles (hotsopts), donc nous recherchons sur les visages des expressions : Il existe différentes micro-expressions qui peuvent apparaitre, il y a 7 expressions universelles, donc nous pouvons les rechercher. Ensuite nous avons le langage corporel,  donc nous recherchons les formes évidentes du langage corporel ayant changé en se basant sur le comportement normal, en tête de liste nous recherchons certains emblèmes qui peuvent véhiculer un message sans qu’un mot ne soit prononcé, qui peuvent représenter quelque chose dans un pays en particulier et autre chose dans un autre pays, par exemple ici le pouce levé signifie quelque chose de bien, de super, au Japon cela signifie le chiffre 1 et ailleurs ça pourrait signifier autre chose.

Romain Collignon : En France cela signifie faire de l’autostop ! Pour être emmener en voiture ! (rires)

Stu Dunn : Oh ! (rires) Oh mon dieu ! Comment ai-je pu oublier ! C’est ce à quoi on pense évidemment !  Nous devons chercher ces détails, c’est très bien. Quand j’ai été au Sri Lanka ça a été fantastique, tout c’est très parfaitement marié et ils ne savaient même pas que c’était une culture totalement différente, donc ce qu’on retient c’est que les emblèmes ont des significations différentes mais globalement le tout fonctionne bien. Vous n’aurez pas nécessairement de soucis sinon vous pouvez demander aux gens quel est leur emblème spécifique.

Romain Collignon : Je pourrais voyager à travers le monde et demander aux gens quels sont leurs emblèmes.

Stu Dunn : Fantastique ! Fantastique !

Romain Collignon : Connaissez-vous Desmond Morris ?

Stu Dunn : Oh, oui, mais je ne le connais pas personnellement.

Romain Collignon : Il a fait quelque chose dans ce genre.

Stu Dunn : C’est absolument fantastique ! Tout comme les emblèmes,  il y a aussi des gestes tranquillisants, ça existe dans différentes régions, il y a des personnes qui sont extrêmement détendues mais qui pourraient se ronger les ongles, d’autres jouer avec leur boucle d’oreille mais aussi quand elles commencent à stresser, quand le stress augmente, c’est là qu’on commence à être nerveux. Les gestes tranquillisants sont donc une bonne façon de voir si une personne se sent coupable à propos de quelque chose.

Romain Collignon : Pour moi, les gestes tranquillisants ne concernaient que le stress et vous dites que dans une observation de groupe, quand on est extrêmement détendu on utilise ces gestes-là. Pouvez-vous nous expliquer ?

Stu Dunn : Bien sûr ! Quand une personne se trouve  chez elle, assise devant la télé, elle peut se mettre à stresser, tapoter avec les doigts, se ronger les ongles, ou se mettent les doigts dans l’oreille, différentes choses, toutes ces choses là qui sont indécentes en publique.

Romain Collignon : D’accord, vous les faites parce que vous êtes détendu à la maison, décontracté et que personne ne vous regarde.

Stu Dunn : Où que vous croyez que personne ne vous regarde,  c’est ainsi, mais d’un autre coté, avec ce stress qui monte, c’est un moyen de calmer les muscles.

Romain Collignon : Donc on peut le voir quand une personne est dans sa voiture, c’est comme chez lui, mais tout le monde peut voir son doigt vous savez où ! (rires)

Stu Dunn : (rires) Absolument !  Et la dernière chose c’est les illustrations de la parole,  ce sont les choses que vous faites pendant que vous parlez, votre gestuelle.   Vous être entrain de raconter une histoire, vous êtes allé pêcher, vous voulez décrire combien le poisson était grand, vous allez alors lever les mains pour décrire sa grande taille ; vous voulez expliquer comment vous êtes allé à tel endroit aujourd’hui de là où vous êtes,  vous allez utiliser vos mains pour montrer les rues. Les statistiques disent que quand on commence à utiliser des illustrations  gestuelles, il s’agit là de la vérité, parce que quand on commence à mentir, cela demande plus de travail cérébral et plus d’énergie pour la réflexion, etc. Au lieu de cela, il m’est arrivé de voir le contraire chez quelques personnes, ce n’est pas toujours le cas mais globalement, voilà comment interpréter les illustrations gestuelles dans la détection du mensonge.

Romain Collignon : J’ai lu un superbe livre sur ce thème, il est du Professeur Aldert Vrij de l’Université Portsmouth, il dit la même chose : la plupart du temps ça marche, mais parfois cela ne marche pas (rires) !

Stu Dunn : Il y a toujours une exception !

Romain Collignon : Et c’est pour cela que vous faites toujours des observations en groupe.

Stu Dunn : Oui !  C’est quand on est persuadé qu’une personne dit vrai et soudainement vous voyez que ça ne correspond plus à la ligne de base et qu’il y a une variance.

Romain Collignon : Ok, parfait ! Parfait ! Je comprends maintenant ce que vous entendiez par les cinq canaux de communication, il y a donc différents signes : les emblèmes, les gestes tranquillisants, les illustrations gestuelles, parce que ça reste juste quelques gestes mais cela ne veut pas dire la même chose du tout.

Stu Dunn : Nous analysons aussi le style verbal, les déclarations verbales, et de la manière dont votre voix sonne, et votre manière de parlez, ainsi que le style verbale, par exemple combien de fois répétez vous quelque chose pour gagner du temps.

Romain Collignon : Merci beaucoup ! Puis-je me permettre de parler un tout petit peu de votre vie personnelle ? Vous avez parlé de votre compétence de votre savoir-faire, avez-vous un exemple de comment vous utilisez cela dans votre vie personnelle ? Utilisez-vous cette connaissance ?

Stu Dunn : Oui, absolument ! à la maison, ma compagne Bridget et moi avons trois enfants déjà, on a établi une règle, c’est vraiment difficile de la respecter parfois, mais nous avons la règle de ne pas nous analyser l’un l’autre, parce que Bridget est assez douée elle aussi, on essaye juste de ne pas le faire (rires) parce que ça pourrait créer des problème. Par contre avec les enfants c’est presque un jeu, nous avons Dacalon qui a 12 ans, Alex qui a 8 ans et Katman qui en a 6, et je vois comment ce genre de choses marche. Mon anecdote préférée c’est quand Dacalon n’avait que 5 ans qu’il a eu 100% au test de des micro-expressions sur le site, il est assez doué, donc maintenant il a 12 ans mais quand il n’en avait que 5, il jouait aux batailles de navires Touché Coulé avec Alex, le jeu consiste à tirer des chiffres et des lettres et il réfléchissait à comment protéger ses navires, Alex lui citait les chiffres et les lettres lentement : « N, B1 30… »  et Docalon le regardait attentivement, Alex lui a demandé alors : « Comment fais-tu pour gagner à chaque fois ? » Decalon lui a répondu que juste au moment où il allait gagner il regardait son visage, il voyait qu’il restait détendu, détendu jusqu’au moment où il prononçait la lettre où se  positionnait son bateau, l’expression d’Alex changeait. Donc c’est un exemple assez intéressant pour voir comment les enfants utilisent le langage corporel, mais après cela Alex jouait toujours Touché Coulé avec le visage caché derrière un coussin (rires).

Romain Collignon : J’adore votre histoire, elle est incroyable !

Stu Dunn : Les enfants sont assez doués maintenant, ils s’attrapent les un les autres  savent détecter une fausse tristesse, globalement du moment qu’on a une règle qui nous empêche de briser l’intimité d’autrui, on garde des limites. Personnellement je l’utilise quand je fais des arts martiaux, ça m’apprend tellement ; quand on devient bon dans la détection des micro-expressions, ça aide vraiment, personnellement quand j’enseigne, je dis à mes étudiants de regarder le nez en utilisant une vision périphérique, parce qu’en utilisant une vue extérieure aide à récolter plus d’informations, si on regarde uniquement les sourcils on pourrait rater un autre mouvement, donc si vous regardez le nez en utilisant une vision périphérique, il vous est possible d’absorber plus d’informations, et c’est la même chose quand il s’agit de confrontation :  si vous sentez que quelque chose se passe vous regardez autour du tronc de la personne, vous pouvez voir le mouvement des jambes ainsi que les mains. Si par contre, vous regardez en haut le visage, vous ne pouvez plus voir les jambes.

Romain Collignon : Très bien, j’ai écouté ce que vous avez dit, donc pour l’expression faciale, vous regardez uniquement le nez et vous arrivez ainsi à capter tous les mouvements du visage aussi bien que les sourcils.

Stu Dunn : Quand vous apprenez comment capter les micro-expressions, parce que ce qu’on fait en ligne va très vite, si vous regardez juste les yeux, vous pouvez rater quelque chose d’autre, ça va si vite que vous ne pouvez pas le voir, mais si vous êtes très concentré et regardez autour du nez, ça c’est juste une astuce à moi que je trouve très efficace, donc vous utilisez votre vision périphérique, regardez l’image  autour de la zone du nez, quelque chose se passe, un expression apparait et là, vous aurez la possibilité d’apprendre par vous-même comment considérer une information comme vraie,

Romain Collignon : Ok. C’est un très bon conseil, je pense que je vais le transmettre à mes lecteurs ! (rires) parce que je pense que c’est intelligent, personne ne m’a dit de faire ça auparavant.

Stu Dunn : Je vous en prie !

Romain Collignon : Très bien, alors peut-être juste quelques  questions encore. J’aimerais savoir si vous avez des projets futurs et quels sont ces projets ? Vous avez parlé d’universitaires, mais qu’avez –vous projeté de faire dans les quelques mois avenir ?

Stu Dunn : Dans les quelques mois avenir, il y a cette application qui va être lancée, on prépare cela depuis un moment déjà, donc terminer cette application.

Romain Collignon : Pouvez-vous épeler ?

Stu Dunn : C’est une application pour téléphone en fait, je m’excuse je parle en jargon.

Romain Collignon : Ah d’accord ! Une application pour iPhone, Androïd ?

Stu Dunn : Pour le moment il n’est pas disponible sous Androïd.

Romain Collignon : OK

Stu Dunn : Donc juste pour iPhone, et il y aura la possibilité d’adapter cette application pour le site web, mais il faudra attendre, je pense que cette technologie n’a pas été développée pour être compatible sur l’iPhone et le site web en même temps.

Romain Collignon : OK

Stu Dunn : Sinon je commence à accumuler de nouvelles idées pour la rédaction d’un nouveau livre, celui-là sera plus axé sur le marketing, c’est le sujet actuel. C’est une excellente chose que les gens cherchent à apprendre comment mieux se comprendre les uns les autres, mais malheureusement, ils sont plus motivés par l’argent, donc si nous pouvions mettre un peu de cette communication non-verbale en pratique afin de gagner un peu plus d’argent, c’est tout aussi bien, utiliser les micro-expression si vous pariez, si vous avez à négocier,  pour vous amener à comprendre comment marche le processus de vente. Ceci est donc un autre sujet qui est entrain de mûrir pour le moment.

Romain Collignon : Je pense que tout le matériel est ici, disponible mais il est difficile à expliquer, de le rendre simple aux gens, je pense que c’est un challenge pour vous.

Stu Dunn : Ceci a été mon principal objectif : obtenir des informations relativement compliquées et les simplifier afin qu’un maximum de gens puissent les comprendre.

Romain Collignon : Très bien

Stu Dunn : J’essaye de rester clair en termes de psychologie (rires) j’essaye juste de faire en sorte que l’information soit accessible par le plus de monde possible. Dans pas très longtemps, on ira au Sri Lanka pour donner un entrainement aux forces de l’ordre. Ce qui s’annonce passionnant. La dernière fois, j’ai travaillé avec des douanes. Plus d’ateliers planifiés pour l’année prochaine, tous en Nouvelle-Zélande,

Romain Collignon : OK. Cela aurait été ma prochaine question 😉

Stu Dunn : Le fait est que je m’en suis rendu compte il y a longtemps de cela : Je ne suis pas le meilleur quand il s’agit d’organiser des ateliers, je suis la meilleure personne pour animer et travailler pendant l’atelier, j’ai donc besoin d’une autre personne pour s’en occuper (rires)

Romain Collignon : Je veux dire que vos compétences ne sont pas axées dans l’organisation d’événements.

Stu Dunn : Je ne suis nul à cela !

Romain Collignon : C’est beaucoup de difficultés mais vous pouvez trouver quelqu’un pour le faire à votre place.

Stu Dunn : Oui, une  personne qui aime organiser et qui est prête à faire des choses. J’avais trouvé quelqu’un à une époque au Sri Lanka et c’était fantastique. C’était génial de rentrer dans une pièce remplie de 85 personnes. C’était fantastique de travailler avec ces personnes. Il y a aussi à coté de cela des choses qui sont en route, vraiment des choses excitantes qui sont entrain de se préparer, des opportunités vraiment fantastiques, il y a quelques petites choses en route.

Romain Collignon : Oui je vois. Ok. Donc je pense que nous avons eu une excellente vue générale de votre travail, peut-être un dernier conseil à mes lecteurs ? quelque chose que vous voudriez nous dire ?

Stu Dunn : Beaucoup de mes lecteurs me demandent comment avez-vous fait pour vous être amélioré dans la communication non-verbale ? et un de mes conseils que je donnais depuis le début et que je continue à donner, est de regarder la télévision sans le son. Vous pouvez aussi regarder des émissions de télé réalité, bien sûr nous avons des horreurs comme « The Bachlor » mais aussi des jeux télévisés, ce sont de vraies émotions,  des choses réelles qui se passent en directes, ce n’est pas un jeu d’acteurs.

Romain Collignon : Le nom de cette téléréalité est « The Bucher » ?

Stu Dunn : C’est un exemple, mais ça peut être n’importe qu’elle émission de téléréalité, tant qu’on film des vrais gens entrain de faire des choses.

Romain Collignon : Ok, On en a aussi des émissions pareilles. Vous l’aurez prochainement en Nouvelle-Zélande mais nous l’avons déjà nous en France (rires).

Stu Dunn : Vous pouvez sinon regarder des émissions de cuisine, il s’agit juste de regarder les réactions des gens, les informations, des interviews aussi. Il y a plusieurs sortes. Regardez et pratiquez.

Romain Collignon : La pratique est la clé mais ce n’est pas si facile dans la vie de tout les jours, c’est pour cela que je trouve votre idée de visionner des téléréalités grandiose.

Stu Dunn : Si vous préférez faire les choses on live : deux personnes qui répondent à des questions et une troisième qui pose les questions, parce que si vous poser les questions et y répondez aussi, vous raterez certainement des choses.

Romain Collignon : Donc vous le faites avec 3 personnes, la première observe, la deuxième pose les questions et la troisième y répond.

Stu Dunn : Ou bien juste deux personnes suffiraient, une qui pose les questions et la deuxième y répond et si possible filmer l’interview pour la regarder par la suite.

Romain Collignon : Ok. Très bien. Je pense que j’ai terminé.

Stu Dunn : Une dernière chose. J’ai la perspective qu’une seule action ne signifie rien en fait,  cela peu vous donner une idée ou une indication sur quelque chose, mais que quelqu’un se base dessus non, essayer les termes que cela indique, il ne faut éviter l’absolu noir et blanc ! Et faire plutôt une interprétation, c’est mon interprétation de ce qui se passe.

Romain Collignon : Je pense qu’aux tous débuts de cette branche, en France, peut-être qu’en France c’est pire, une chose signifie telle chose ! sans révision ni rien, et je pense que c’est dans l’esprit de beaucoup de gens : un geste veut dire une chose. Comme vous venez de le dire ce n’est pas le cas.

Stu Dunn : Ce n’est pas le cas du tout, mon but est de rendre les choses plus accessibles et compréhensibles mais aussi de démolir les mythes qui existent. Je lisais encore récemment une note qui a été transmise dans une très grande organisation et elles étaient toutes fausses. (rires)

Romain Collignon : C’est aussi votre mission. Votre objectif : le simplifier aux gens mais aussi de combattre certains manque et lacunes.

Stu Dunn : Absolument !

Romain Collignon : Très bien. Merci Stu pour toutes ces informations, merci de nous avoir donné de votre temps, de votre savoir, Je vous remercie énormément.

Stu Dunn : Je vous en prie !

Romain Collignon : Je vais mentionner des liens vers votre site web pour que mes lecteurs puissent vous suivre. Je vous dis à bientôt et bonne journée.

Stu Dunn : Merci

Romain Collignon : Bye

Stu Dunn : Merci. Bye.

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