François Hollande

Les sourcils de François Hollande

On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle analyse non-verbale en vidéo de l’actualité. Cette dernière a été très marquée au mois de décembre (je sais j’ai un peu de retard) par le décès de Nelson Mandela et la présence de l’armée française en Centrafrique.

Je vais donc me pencher dans cette analyse sur une courte vidéo qui met en scène François Hollande (sur France Télévision) interpellé sur un sujet … disons délicat : 

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La vidéo originale se trouve ici

Les sourcils de François Hollande

(Transcription texte)

Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle analyse non-verbale du Décodeur du Non-Verbal. Aujourd’hui on va étudier un court passage vidéo de François Hollande filmé (c’était en décembre dernier) après la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela et juste avant qu’il ne se rende à Bangui en Centrafrique alors que deux jeunes soldats français viennent de se faire tuer. Voilà pour le contexte.

Je ne vous dis pas encore tout de suite ce que l’on va étudier dans son langage corporel. Je vous passe dans un premier temps l’extrait pour que vous puissiez vous entrainer à la décoder et on se retrouve juste après pour l’analyse.

1ère étape de l’analyse : les sourcils décontractés

Dans cette analyse non-verbale, on va étudier une fois n’est pas coutume les sourcils. Au début de la vidéo, les sourcils de François Hollande sont relevés lorsqu’il dit : « Nous partons pour la Centrafrique ». De manière générale, les sourcils relevés de cette manière sont synonymes de décontraction, d’un état d’esprit positif. En même temps, vu la question du journaliste, il n’y a pas de quoi être stressé.

2ème étape de l’analyse : les sourcils baissés

Mais ensuite la seconde question déclenche une toute autre réaction. Est-ce que vous l’avez remarquée ? Alors la question, je vous la dit à haute voix parce que elle n’est pas facile à entendre : « La France est-elle dans un coup dur en ce moment ? » La question fait bien entendu référence aux 2 jeunes soldats français qui viennent de se faire tuer en Centrafrique. Et là, vous allez remarquer que les sourcils du Président se froncent. C’est très rapide. Ici lorsqu’il est de profil. En un claquement de doigts, François Hollande passe de la décontraction (sourcils relevés) à de la colère, émotion qui se caractérise par l’abaissement internes des sourcils.

Alors généralement dans les vidéos, je vous montre le visage en entier. Là on a le visage de côté. François Hollande est énervé par cette question purement polémique. D’ailleurs, juste après l’abaissement des sourcils, il a une réaction de fuite pour aller dans la voiture. L’avez-vous remarquée ? Si ce n’est pas le cas, je vous repasse l’extrait. Là, il essaie de « fuir » dans sa voiture. Mais au final, son cerveau lui dit de se raviser et il répond. Et il le fait de manière assez autoritaire. Vous voyez sa main ? On a presque l’impression que la fessée n’est pas loin. Ce que vient de ressentir François Hollande, ce sont l’enchainement de réactions instinctives de défense. Dans un court laps de temps où il prend tout d’abord la mesure de la question (immobilité), ensuite, fuite puis il revient à la charge.

C’est un enchainement classique de réactions du système limbique face au stress.

Ensuite, face aux caméras, le côté logique va reprendre le dessus. Vous pourrez remarquer que la fréquence des clignements de l’oeil est plus élevée que la normale tout comme le débit de parole qui est saccadé dû au fait qu’il doit reprendre ses esprits et ne pas perdre la face autour de ce sujet délicat.Voilà pour ce court extrait.

Conclusion de cette analyse

Ce que vous devez retenir de cette analyse, c’est que les sourcils relevés sont liés généralement à un état d’esprit positif, de bienveillance. A l’inverse les sourcils pointant vers le bas sont associés à des émotions négatives telles que la colère mais vous pourrez les

voir apparaître aussi dans le dégoût.

A vos commentaires

Vous êtes de plus en plus nombreux à regarder les vidéos du Décodeur du Non-Verbal, pour que ça continue, cliquez sur j’aime. Et puis laissez moi un commentaire en dessous, ça me fait toujours plaisir de pouvoir discuter avec vous. Je vous dis à très vite pour une prochaine analyse non-verbale.

PS : Je tiens aussi à remercier Olivier, qui est l’un de mes élèves dans la formation Non-Verbal en Action, pour m’avoir soumis cette vidéo. 

12 réponses
  1. véro
    véro dit :

    Merci Romain, comme d’habitude très instructif… j’avais vu le froncement de sourcil + la fuite mais j’avais interprété ça plus comme une fermeture par rapport à la question. Pour la « fessée, je suis passée à coté! Je dois encore bosser 😉

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    • Gilles Martineau
      Gilles Martineau dit :

      Bonjour Véro,
      Personnellement j’ai une certaine réserve quand à l’interprétation à faire de la main droite tendue de M. Hollande. Normalement une main ouverte (et surtout lorsque nous pouvons voir la paume) est un signe d’ouverture. Les personnes qui ont quelque chose à cacher ont tendance à se cacher les mains. Par contre on peux déceler une certaine tension dans les doigts… ce qui donne une certaine crédibilité à l’idée de la fessée. Ainsi c’est davantage la tension dans les doigts qui suggère la fessée que simplement la présentation de la main droite.

      Au plaisir,

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      • Romain
        Romain dit :

        L’idée autour de la paume de la main ouverte concerne la paume tournée vers le haut (non sur le côté). Ce geste de la main ici est un illustrateur qui vient corroborer le discours et la réponse légèrement musclée en retour de la question. La « fessée » était une boutade 😉

        Cacher ses mains = synonyme de vouloir cacher quelque chose ? Ca n’a malheureusement à ma connaissance pas été démontré – il y a cet article qui pourrait vous intéresser sur le sujet.

        Romain

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      • Gilles Martineau
        Gilles Martineau dit :

        Merci Romain pour cette perspective.
        J’apprécie toujours tout commentaire qui apporte du nouveau à mon moulin comme vous dites.
        Ce qu’il ne faut pas perdre de vue c’est que l’objet de nos observations est constant… c’est à dire l’humain et son monde psychique. Ainsi toutes information qui nous aide à mieux le comprendre est une avancé pour l’humanité.
        Au plaisir,
        Gilles

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  2. Gilles Martineau
    Gilles Martineau dit :

    Bonjour Didier,

    Votre dernière analyse m’a fait sourcilier (HO! quel beau jeu de mots :-)

    En effet, vous dites que des sourcils relevés signifient que la personne est dans un esprit « positif ». Cependant nous savons tous que des sourcils relevés accompagnent toujours les émotions de peur et de surprise (qui précisons le ne sont pas toujours positives).

    Alors j’aimerais comprendre par quelle processus d’analyse vous associez sourcils relevés et état d’esprit positif. Et s’il s’agit d’un épiphénomène comment distinguer ce phénomène des sourcils relevés de la peur et de la surprise?

    Merci,

    Gilles Martineau,

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    • Romain
      Romain dit :

      Bonjour Gilles,

      Votre commentaire est intéressant. Il est clair que la surprise et la peur ont pour caractéristique les sourcils levés. Là on parle d’émotions ressenties. Faute de ma part dans cette vidéo, je n’ai pas mentionné l’étude en cluster (ensemble d’éléments non-verbaux) où s‘ajoute, dans le cas de la surprise, le temps bref de l’expression faciale (moins d’une seconde si elle est authentique) ainsi que la lèvre inférieure qui tombe. Pour la peur, l’étirement des lèvres sur le côté s’y ajoute.

      On ne retrouve pas ces autres éléments dans la vidéo.

      Ensuite dans ce contexte, il n’y a pas vraiment d’émotions ressenties mais plutôt un sentiment général de la situation, un état d’esprit. Au début, F. Hollande cherche à convaincre le journaliste, à l’inviter à comprendre dans ses propos et un élément que l’on utilise sont justement les sourcils relevés pour attirer sur le visage les yeux de notre interlocuteur. De toute manière il s’agit toujours de coupler l’observation d’un geste (comme ici les sourcils) avec le reste du langage corporel.

      Ensuite, un autre élément que je pourrais émettre sont les sourcils qui se relèvent brusquement (que l’on appelle le flash de sourcils et démocratisé par l’anthropologue Desmond Morris) qui sont un signe universel de reconnaissance de l’autre.

      J’espère que ces éléments donne de l’eau à votre moulin.

      Romain (même si Didier, ce n’est pas mal non plus) 😉

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  3. Harnor
    Harnor dit :

    Bonsoir,

    J’ai noté dans la vidéo (en plus des points évoqués), vers la fin (autour de 1:05) au moment ou les clignements des yeux s’intensifient comme vous l’avez noté que sa tête reste longtemps baissée.
    Ses yeux continuent de fixer le journaliste mais cela donne une l’impression de tristesse, voir de honte avec les yeux qui semblent remonter (un peu comme lorsque l’on a fait une bêtise et que l’on attend de se faire gronder). On pourrait réellement ici sentir la tristesse.

    Un autre fait intéressant, c’est qu’il y a a a 1:07 ou 1:08 un hochement de tête à gauche lorsqu’il évoque la mort des militaires. On peut donc penser (interprétation) qu’à ce moment il s’agit d’un vrai sentiment.
    Juste après, lorsqu’il évoque le fait que ces vies sacrifiées ont permis d’en sauver d’autres, le hochement de tête s’inverse et part sur la droite, à priori sans raison.

    On pourrait donc penser que ce dernier sentiment est moins spontané et ressort plus d’un contrôle volontaire que d’un fait auquel il adhère complètement. A lui seul cela ne prouve pas forcément un mensonge mais on peut raisonnablement penser que le contrôle est plus présent à ce moment là.

    Entre 1:10 et 1:12, au moment ou il entre réellement dans la voiture je pense qu’il se pince ses lèvres (au moment ou il s’abaisse pour entrer), signe qui montre le stress ressenti après ces questions.
    Rien d’étonnant je le concède :-)

    J’espère avoir apporté une petite pierre à cette analyse non verbale.

    A bientôt !

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  4. Patrick
    Patrick dit :

    Merci Romain vous avez répondu a une question que j’allais poser a savoir faut il tenir compte des mouvements des sourcils en dehors d’un cluster?Dans cette analyse vous considérez le contexte mais vous n’avez pas identifié un cluster.Pourquoi? Du meme coup il ya une interview dans laquelle beaucoup de stress apparaissent,l’interview entre Michel Obama et Michel Martelly.Visionnez cette video et donnez moi votre impression.

    http://www.youtube.com/watch?v=HZgYBM5_4Pg.

    Voila l’URL de l’interview ,c’est vraiment profitable pour les apprentis decodeurs comme moi.
    Merci je vous attends.

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