Des oeufs peints

Les héros de la communication numérique

Facebook, Gmail, Twitter, SMS… Ces noms vous disent certainement quelque chose ? :whistle: Oui ? Et ce n’est pas étonnant car ces technologies submergent notre quotidien. Mais bon, on n’est pas ici sur un blog de « geek », alors vous vous demandez sûrement quel peut bien être le rapport entre ces technologies et le langage du corps ? Lisez la suite, vous allez comprendre tout de suite.

Ces « technologies » qui submergent notre quotidien ont pris une place de plus en plus importante dans notre manière de communiquer. Dans les faits, je conçois que cette communication numérique est plutôt pratique. Mais le revers de la médaille, c’est qu’elle présente un ÉNORME inconvénient car elle laisse dans son sillage deux piliers fondamentaux de la communication offrant une porte grande ouverte à de sérieux quiproquos. Et les quiproquos en communication, on n’aime pas ça.  :(

La voix et les gestes vont aux oubliettes

La principale difficulté dans la communication numérique réside dans la compréhension du message transmis. Par exemple, lorsque j’écris un SMS à ma copine, comment je peux être sûr que mes émotions seront correctement transmises à travers les mots que j’écris ? La question peut paraître triviale mais la réponse ne l’est point.

Car en effet, vous qui suivez le blog assidûment, 😀 vous savez qu’Albert Mehrabian (l’un des précurseurs du non-verbal) nous dit que le message perçu lors d’une interaction est composé à la fois : des mots (7%), de l’intonation et du son de la voix (38%) ainsi que du langage du corps (55%). En envoyant un SMS, il nous reste [à la louche] simplement les mots (7%). Mais où part donc le reste ? Je vous le demande : « Où se cache les autres 93% ? »

Ils disparaissent dans le nuage numérique. Et c’est ici que naît les nombreuses mauvaises interprétations de la communication écrite. Au mieux, on s’appelle Proust ou Baudelaire et avec une prose exemplaire, on peut s’en tirer s’en trop de dommages. Mais pour le commun des écrivains, c’est une autre paire de manches. Mais ne vous en faites pas, comme dans toute fatalité, le monde est sauvé par son lot de héros ! 😉

La révolution des smilies

Les emails et les chats ont été les premiers à voir apparaître les victimes de ces incompréhensions textuelles. En effet, une phrase peut avoir plusieurs significations. La vraie signification d’une phrase est étayée par le ton de la voix, l’expression, les accents, l’inflexion…. les gestes.

Si vous ne me croyez pas, imaginez-vous recevoir ce message d’un ami :

« Tu es encore en retard. »

A votre avis, cette phrase annonce-t-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Sans le contexte, il y a de fortes chances pour que cette phrase soit mal perçue. Vous pouvez vous attendre à passer un quart d’heure désagréable en arrivant au rendez-vous. Maintenant, si vous recevez la même phrase avec un « chouilla » de petit changement :

« Tu es encore en retard  ^_^  »

Ce SMS est plus accueillant et peut être vu comme une blague. Peut-être que l’émetteur du message a l’habitude d’être en retard et il s’agit ici d’un simple clin d’œil dans la controverse. Il est clair que se trouve du second degré dans ce message et qu’il n’est donc pas à prendre sérieusement. Ouf.

Et c’est là où je veux en venir dans cet article (oui je reconnais que l’intro était plutôt longue). Les smileys sont les héros de la communication du 21ème siècle. :angel:

Ces icônes peuvent paraître enfantins et pourtant, ils permettent d’enlever toute ambiguïté.

Ces pictogrammes sont d’ailleurs apparus au début des années 90’s avec l’émergence des chatrooms où bien des querelles prenaient place à cause d’un message mal compris. Grâce à l’utilisation des raccourcis clavier, les smilies permettaient de représenter symboliquement les expressions faciales liées à certaines émotions. Et ces dernières sont la clé de notre communication.

Les smilies permettent donc d’insuffler facilement des émotions dans les conversations écrites. Désormais pour éviter tout quiproquo, j’use et abuse des smilies dans mes conversations numériques. Dans la vie professionnelle c’est un peu plus compliqué car les smilies ne sont pas du tout rentrer dans les mœurs. Et je trouve ça bien dommage car les émotions aident à la fois le rédacteur à s’exprimer et à contrôler l’impact de son message et pour l’autre de recevoir un message clair et non équivoque.

Et maintenant

J’espère vous avoir convaincu de l’intérêt des smilies et je ne peux que vous conseiller de les utiliser et de ne pas les ménager. Employez-les dès que votre message a des chances d’être mal interprété. Rappelez-vous que dans le monde numérique, les émotions ont également toute leur importance. 

D’ailleurs afin de montrer l’exemple, j’ai décidé d’ajouter pour vous un petit module dans les commentaires du blog afin que vous puissiez exprimer vos émotions comme il se doit. D’ailleurs,

Avez-vous déjà l’habitude d’utiliser les smileys dans votre communication  ?  ^_^

13 réponses
  1. Jean-Yves
    Jean-Yves dit :

    Oui, il existe effectivement une « communication non-verbale » dans les E-mails, les sms et autres langages numériques.

    Tu es encore en retard…
    Tu es encore en retard !
    Tu es encore en retard.
    Tu es encore en retard :)
    Tu es encore en retard :s

    Les messages ne sont pas les mêmes. Mais même ainsi, ce n’est pas suffisant, car il manque un autre élément de contexte :
    la baseline !

    Par exemple, certaines personnes mettent des « :) » à toutes les sauces, même lors des reproches !

    Tu es encore en retard :-)

    genre « tu vois je te l’avais dit ! »

    Comme toujours dans ce domaine, attention aux erreurs d’interprétation !
    Attention aux erreurs d’interprétation…
    Attention aux erreurs d’interprétation .
    Attention aux erreurs d’interprétation !!!!!!!!
    Attention aux erreurs d’interprétation :-)

    Avouez que ce dernier fait très pédant et pourtant, c’est un smilie :)

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  2. claire
    claire dit :

    Bonjour Romain,

    Je plaide coupable ;).
    J’avoue que j’use et j’abuse des émoticons, car outre le fait, comme tu le soulignes, d’apporter une dimension plus « humaine » à la communication, il a aussi une dimension ludique et visuelle non négligeable. Surtout lorsque le commentaire est un peu long, cela le rend plus attractif.

    Quant à l’ambiguïté de la communication écrite, elle est surtout présente lorsque nous dialoguons avec de vagues connaissances ou des inconnus.
    Parce que dans le cercle des amitiés intimes (ou plus si affinités :love: ), notre incroyable cerveau, si fantastique et si puissant, nous plonge dans le substrat d’une communication en « live » . Car à l’instant même où nous lisons les mots d’une personne connue, nous la voyons, nous visualisons ses mimiques et entendons le son de sa voix.
    Les quiproquos sont donc moins fréquents avec les personnes que nous connaissons bien.

    Maintenant la question se pose.
    Si il est plus utile, pour communiquer de façon efficace, d’user des émoticons face à des « inconnus », cela n’est-il pas en même temps préjudiciable dans un contexte extérieur à la sphère privée ?
    Car si l’émoticon est ludique, il en est du coup associé à quelque chose d’un peu léger et d’enfantin. Je ne suis pas sûre que ce soit très valorisant dans certains secteurs professionnels par exemple.
    (Ce qui est tout de même paradoxal, car c’est ce type d’échange qui y gagnerait le plus.)

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  3. manrow
    manrow dit :

    Salut Romain,

    Une fois de plus, je suis agréablement surpris par l’intérêt de tes articles. Je me permet de réagir à ton article, car il m’a donné l’impression que tu soulève une grande problèmatique de notre siècle, et pourtant tu ne franchi pas la porte que tu viens de t’ouvrir. En effet, la communication qui doit se dimensionner aux réseaux numérique, c’est pas évident. Et je crois qu’au delà des émoticons, il y a beaucoup de signes qui permettent de communiquer les émotions (cadence des message, vitesse d’écriture, coquilles de frappe. Certains logiciels tels que Skype permettent même de voir que l’interlocuteur a effacé ce qu’il avait commencé à écrire.

    Mais ces « signes » comme je les appelles peuvent souvent mené à des interprétations erronnés. Si mes suggestions t’inspire, je serais ravi de te lire sur le sujet.

    Par ailleurs j’en profite pour t’annoncer la prochaine ouverture de notre club Toastmasters de Lille au mois de mars, tu es le bienvenu à notre réunion de démonstration !!

    Amicalement

    Romain

    Répondre
    • Romain
      Romain dit :

      Tu parles de skype et j’ai volontairement fait abstraction des logiciels de webconférence et de l’utilisation de plus en plus poussée de la vidéo dans la communication web. Par ailleurs, je suis content que la création du club à Lille se concrétise. :)

      Répondre
  4. çyril
    çyril dit :

    Personnellement, je n’aime pas trop les abus de « smilies » (surtout quand on voit la baseline de certains pour reprendre Jean-Yves).

    Je préfère user de la prose pour lever toute ambiguïté.
    Exemple :
    Tu es encore en retard… Ce qui commence à bien faire.
    Tu es encore en retard, mon vieux !
    Tu es encore en retard, je t’attends depuis une heure ! Dépêche toi je désespère à rester seul loin de toi !
    Tu es encore en retard, ahahah ! Tu as loupé […]
    Tu es encore en retard, je te prépare donc un châtiment des plus diaboliques !

    Avec les « smilies » et acronymes en tout genre, j’ai parfois l’impression que nous perdons notre français écrit. Bon, il s’agit très certainement d’une évolution, mais quand même ! Il faut aussi se souvenir, qu’il existe (et nous les retrouvons notamment dans les BDs) les onomatopées !
    Ceci dit, je ne dis pas ne jamais m’en servir. 😉

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  5. Romain
    Romain dit :

    Chers lecteurs et possesseurs d’iPhone, on vient de m’apprendre qu’il existe de « vrais » émoticônes en natif sur la machine. Je partage le truc ici si cela vous intéresse :
    réglages ➡ général ➡ clavier ➡ clavier internationaux ➡ ajouter un clavier ➡ emotji

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  6. Dokk
    Dokk dit :

    Personnelement, les émoticônes, surtout leur abus me fatigue. Je pense plutôt que la nature de la relation prédispose les interlocuteurs aux non-dits d’un message numérique. C’est aussi ça un éléemnt d’appréciation des amitiés, des relations professionnelles ou amoureuses etc.

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  7. Plumeetoilee
    Plumeetoilee dit :

    De mon côté, je pense que c’est à double tranchant. Effectivement, la communication du 21eme siècle et plus particulièrement l’avènement du web 2.0 😉 passent essentiellement par l’écriture, ce qui dénue le message de toutes émotions, mais je trouve aussi, que pour le coup, on communique mieux.
    Oui, vous avez bien lu ! On communique mieux, car l’écriture, oblige à la réflexion, car justement le message peut-être mal interprété. Du coup, au lieu de se laisser simplement submerger par ses émotions et répondre une ânerie du tac au tac, nous sommes dans l’obligation de « peser » nos mots, cela vaut encore plus pour ceux qui sont fainéants, et qui ne veulent pas écrire un roman (pas comme moi !) du coup, il faut vraiment avoir une réflexion sur ce que l’on écrit.
    Même pour les réponses qui sont longues, nous avons la possibilité de citer la personne, et de lui apporter une réponse point par point, ce qui est intéressant. Dans un monde où l’on se plaint de plus en plus du manque d’écoute, la communication numérique apporte une réelle réponse et pallie par exemple au problème de parole coupée ! Mais comme tu l’as dit Romain, elle est dénuée d’émotions.

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