principes base decoder gestes

Quels sont les principes de base pour décoder les gestes ?

Selon Desmond Morris, éthologue et zoologue de l’université d’Oxford, « un geste est un mouvement qui envoie un signal visuel à un observateur …»

« Il s’est touché la cheville gauche avec sa main droite, c’est qu’il a des problèmes dans son travail !! »

Ok ! Et pourquoi pas lire dans une boule de cristal ce qu’il ressent ?!!

En tant qu’habitué du Décodeur du Non-Verbal vous le savez bien, tous les gestes ne sont pas des gesticulations mais tout n’est pas forcément observable.

Et quant à la manière de croiser ses jambes ou ses bras, est-ce une posture, une attitude ou un geste ?

Quand on veut décoder les gestes, il est important de comprendre certaines notions essentielles.

Mais il est également capital de prendre en compte des principes de base permettant d’avoir un décodage précis et fiable et de le faire dans des moments opportuns pour observer des intentions ou émotions utiles.

Vous saurez donc, après avoir lu cet article, comment établir un comportement gestuel de référence en fonction des particularités des personnes que vous observez, mais aussi pourquoi ces gestes sont produits et à quel type de famille ils appartiennent.

Si vous êtes assis et que vous avez votre main sur votre menton, lâchez-le et cliquez pour lire la suite …

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Comprendre les principes étymologiques dans l’étude de la gestuelle

Communication non-verbale, postures, attitudes, comportements, autant de mots rattachés au décodage du langage non-verbal et qui sont souvent sources de malentendus et d’incompréhension.

Avant de vouloir décoder les gestes, il est important de différencier les terminologies qui y sont associées.

La posture est le placement physique du corps dans l’espace et reflète les attitudes psychiques.

Ces attitudes sont donc la transcription invisible des émotions et des intentions, alors que les postures en sont la représentation physique.

L’anthropologue Américain Ray L. Birdwhistell a expliqué que lors d’une interaction, ou communication interpersonnelle, le plus important était d’observer les changements de ces postures, indiquant une transition psychologique plus ou moins importante.

Il a nommé ces changements des « marqueurs kinésiques ».

Toutes ces notions ont été rassemblées dans un terme, le « comportement ».

Le professeur Alain Gallo, psychologue Français, l’a défini dans le dictionnaire de la psychologie et de la psychiatrie comme :

« Un ensemble de phénomènes observables de façon externe ».

Les stimuli et l’action, dans la production des gestes

Dans ses études, datant de 1872, le biologiste et zoologue Anglais Charles Darwin, explique le rapport entre les actions, et leurs liens avec le ressenti des personnes, leurs attitudes et le reflet physique qui en découlent.

Si vous avez bien suivi, il s’agit de leurs comportements !

Et selon ses recherches, reprises et complétées par le professeur William James, considéré comme le fondateur de la psychologie en Amérique, nos comportements sont issus de 4 attitudes psychiques de base:

  • Domination
  • Soumission
  • Partage
  • Rejet

Ces attitudes produisent alors toute une grammaire de gestes lors de nos communications.

Les gestes ne sont donc pas seulement la représentation consciente d’un discours, mais aussi la traduction de la personnalité, des sentiments et des émotions de celui qui les émet.

Pour résumer, il n’y a pas de langage non-verbal si la personne n’est pas confrontée à une situation.

L’objectif est alors de comprendre cette situation pour décoder de manière fiable les gestes qui en découlent.

Vous comprenez donc pourquoi de simples grattages ou postions isolées d’une main sur une cheville ne peuvent pas renseigner sur les pensées, émotions et encore moins la personnalité d’une personne …

Les principales bases grammaticales de la gestuelle

Les gestes transmettent des renseignements sur les personnes que vous observez.

Ils sont issus de réactions face à des situations et peuvent être de nature à communiquer, volontairement par la personne, ou informer, inconsciemment cette fois, celui qui observe.

Cependant, ces langages gestuels diffèrent selon plusieurs paramètres, personnes, situations, cultures, environnements…

Pour décoder cette grammaire très fournie, vous devez alors établir un comportement gestuel de référence chez la personne que vous observez.

Gestes primaires ou gestes accidentels, décodez juste !

Lors de ses recherches, Desmond Morris a mis en évidence l’existence de 2 catégories de gestes.

Les gestes primaires

Ils vont du signe de la main pour dire bonjour, au pouce en l’air pour dire que tout va bien après une chute.

Ces gestes sont employés par la personne pour envoyer volontairement un message.

Ils sont utilisés pour la communication, volontaire et sont classé en 6 catégories :

  • Les expressifs : ils signalent une expression, avec le visage ou les mains.
  • Les mimiques et les schématiques : Ce sont les mimiques du visage et leur version abrégée
  • Les symboliques : Ils expriment des humeurs ou des idées
  • Les techniques : Utilisés dans certains groupes ou activités spécifiques
  • Les codés : Elaborés pour n’être volontairement compris que par certains

Les gestes accidentels ou secondaires

Ils transmettent une information sur l’attitude de la personne, ses émotions et ses intentions. Mais ils servent aussi au déplacement de son corps ainsi qu’à son confort.

Ces gestes ont parfois une valeur mécanique, comme le bras soutenant la tête d’une personne fatiguée ou ennuyée, mais ils restent produits inconsciemment et fournissent une information sur l’état d’esprit de celui que vous observez.

Croisement de bras pour réaliser une barrière, mouvement d’épaule pour indiquer la fuite ou encore gestes visant à calmer le corps, ils sont involontaires et inconscients.

Comme le soulignait Jacques Corraze, psychiatre, agrégé de philosophie et docteur en sciences sociales, il y a bien une différence entre les gestes servant à communiquer et ceux servant à nous informer.

Il est donc important de savoir quel type de geste nous observons et de ne pas interpréter un informatif à la place d’un communiquant.

Par exemple, chez une femme, un sourire automatique informant d’une non hostilité n’est pas une communication invitant au sexe …

La prise en compte du contexte est alors une donnée essentielle pour bien distinguer l’origine de ces gestes.

Pour approfondir la notion de contexte, visionnez la vidéo de la série 1jour1geste ci-dessous :

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Les gestes sont porteurs de nos principes communs mais aussi de nos différences

La gestuelle est porteuse de valeurs propres à chaque Homme mais elle est également le legs de mouvements ancestraux, visant à protéger l’espèce humaine lors de son évolution et ça depuis plusieurs milliers d’années.

Margaret Mead et Edward Sapir, anthropologues américains émérites, ont travaillé à établir les liens entres les différentes familles de gestes et les cultures, les racines des peuples, les statuts sociaux, les personnalités et les états psychiques.

Grâce à plus de 60 ans de recherches, reprises et étoffées par d’autres Anthropologues célèbres comme Grégory Bateson ou Ray Birdwhistell, les gestes ont été regroupés en 4 catégories principales.

Elles permettent de comprendre les modes d’acquisitions gestuelles et la raison de leur production et donc d’augmenter la fiabilité du décodage lors des observations.

  • Les gestes identitaires :

Ce sont vos gestes favoris. Ils vous sont personnels et même si certains sont d’origine innée, vous les avez inconsciemment transformés pour vous les approprier.

  • Les gestes psychiques :

Ils sont le reflet de vos états internes, de vos émotions.

Le corps produira inconsciemment différents types de gestuelles en fonction de la réaction face à une situation visant à vous protéger, vous faire sortir de l’inconfort ou rester dans un état de bien-être.

  • Les gestes porteurs de nos racines :

L’expression de la gestuelle en Italie, ample et très expressive est foncièrement différente de celle employée dans les pays du nord de l’Europe où elle est plutôt réduite au strict minimum.

Les racines influent inconsciemment sur la manière de la produire.

Geoffrey Beattie, professeur de psychologie à l’université de Cambridge, montre d’ailleurs dans ses recherches, que lorsque qu’un étudiant Arabe parle Anglais, il emploie les mêmes gestes que ceux liés aux racines de cette langue.

  • Les gestes culturels, statutaires et liés aux situations :

Ils sont différents de ceux empreints de nos racines.

Car dans une même tribu sociale moderne, on peut avoir des apprentissages culturels différents.

Et en fonction de son évolution dans la société, nos rites, formes de politesse ou la discrétion influant sur les comportements, changent leurs caractéristiques.

Toutes ces caractéristiques sont liées.

Par exemple, employé pour des taches de bases dans une entreprise, un salarié verra son comportement changer s’il prend un jour la direction de l’entreprise.

Son répertoire gestuel s’adaptera volontairement au début, puis inconsciemment à ses nouvelles fonctions.

De la même manière, on évite de mettre ses mains sous la table pendant un repas avec son patron …

Cependant, quand la sollicitation inconsciente est trop forte, certaines attitudes pourront fuiter …

Oups ! Ces mains viennent de disparaître après une question très embarrassante !!!

En comprenant comment sont classés les gestes et pourquoi ils sont produits, vous pourrez observer et décoder les incongruences et avoir une idée précise de l’état d’esprit réel de vos interlocuteurs.

L’établissement d’une ligne de référence de la gestuelle, adaptée à la personne que vous observez, est donc une notion indispensable pour interpréter correctement ses attitudes.

Pour en savoir plus la ligne de référence, visionnez la série de la vidéo 1jour1geste ci-dessous :

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Vous décodez, vous comprenez, mais êtes-vous prêt à tout savoir ?

Un ami qui plisse les yeux quand il vous voit et recule d’un pas après vous avoir fait la bise ou la femme qui exprime une micro-expression de dégout quand elle dit à son mari qu’elle l’aime …

Autant d’exemples face à des situations qui peuvent parfois être stressantes, contrariantes ou clairement blessantes.

Un des premiers principes de base dans le décodage gestuel est d’être prêt à voir des attitudes qui dérangent. Car votre cerveau va vouloir inconsciemment vous en protéger.

Vous ne devez alors pas rechercher des signes qui pourraient vous rassurer, mais rester objectif et analyser la situation dans son ensemble.

Les observations doivent toujours se faire du général, situation, contexte, comportement global de référence, au particulier, détails non-verbaux allant dans le même sens gestuel.

Des principes pour comprendre, comprendre pour décoder

Desmond Morris disait « L’animal humain est en général inconscient de ses actions, ce qui les rend encore plus révélatrices … »

Vous savez maintenant quelles sont les valeurs portées par les gestes et lesquels sont vraiment révélateurs des attitudes authentiques.

La compréhension de ces principes de base est essentiel, au même titre que la prise en compte du contexte ou de la ligne de référence dont je vous ai parlé.

Alors si vous êtes vraiment prêt à savoir ce que vos interlocuteurs pensent, ouvrez grands vos yeux et observez activement !

Prenez du recul et reconnaissez les gestes utiles !

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