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Notre bulle d’air, notre espace personnel

Les animaux disposent d’un espace autour du corps qu’ils s’attribuent comme espace personnel. Sa dimension varie selon la densité de population où a grandit l’espèce. Le territoire personnel fluctue donc en fonction des circonstances locales. D’un côté, on peut prendre l’exemple d’un lion ayant grandit dans les contrées éloignées d’Afrique. Son espace personnel pourra atteindre un rayon de 50 km, voir plus, dépendant de la densité de lions dans cette zone. D’un autre côté, le lion ayant grandit en cage dans le zoo de Vincennes verra son espace personnel réduit à la taille d’une cage. L’espace personnel d’une espèce varie donc en fonction des conditions de densité de population.

Comme les animaux, nous avons également notre propre espace personnel et gare à celui qui s’y introduit sans y être invité. On appelle couramment cet espace notre bulle d’air. Quand on a notre bulle d’air, on s’y sent bien. Sa taille dépend de la densité de population où nous avons grandit et est donc déterminée par notre culture. Un Parisien aura une bulle d’air plus restreinte qu’un berger de Haute-Savoie habitué au grand espace. Après un séjour de 3 semaines passées au Costa Rica, j’ai été surpris par mon retour à Paris. Lors de la première soirée suivant ce retour, j’ai été pris d’une boule à la gorge par tant de monde au m2  autour de ma bulle. La raison de ceci tient dans cet article, mon espace personnel s’était, le temps d’un séjour, étendu. Et je devais rétablir mes repères dans la capitale. Mais ce n’est pas sans parler des japonais, qui eux, sont habitués à disposer d’un espace personnel réduit.

Des recherches ont montré que les prisonniers ont un besoin d’espace personnel très important. Enfermés et à proximité d’autres détenus, ils sont constamment agressifs à l’approche d’un autre prisonnier. L’isolement des prisonniers dans leur cellule a pour but de les calmer. A ce titre et dans un autre domaine, l’augmentation des violences dans les avions avaient été repérées dans les années 90. Au même moment, ces compagnies avaient commencé à rapprocher les sièges des passagers pour compenser la perte de revenus due aux remises de prix sur les tickets.

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Utiliser la notion d’espace personnel peut être aussi un outil politique. Le 21 octobre dernier, lors du mouvement de grèves contre les retraites, les forces de l’ordre empêchaient les manifestants de sortir de la Place Bellecour à Lyon. Cet effet de confinement a eu pour simple effet d’agacer la foule, l’espace personnel étant violé. Résultats des courses, des jeunes violents mais surtout des superbes images pour les médias…

2 réponses
  1. Flacky
    Flacky dit :

    Bonjour,
    Tout d’abord bravo pour vos articles, leur pertinences et leur illustrations.
    Cependant je me permets de réagir à celui-ci.

    Vous parler d’espace personnel et prenez en exemple les manifestations.
    Vous dites que « les forces de l’ordre empéchaient les manifestants de sortir de la Place Bellecour à Lyon » or quand on regarde le sujet fait, certes par un journaliste susceptible de manipuler l’information, les images montrent qu’il était impossible d' »atteindre » la place Bellcour car elle était occupée par les forces de l’ordre.

    Les manifestants étaient alors scinder en 2 groupes mais libre de partir.

    Je pense que prendre pour exemple les manifestations comme modification de « notre 
    bulle d’air » était une très bonne idée.

    Cependant, ne pensez vous pas que la violence qui a été filmée et utilisée par les média, était une réaction aux CRS qui chargeaient les manifestants venant défendre leurs valeurs ?
     
    Dans les propos du journaliste et des manifestants, on comprend qu’ ils n’ont pas été enfermé mais qu’ils ne voulaient pas battre retraite (c’est le cas de le dire).

    Je pense en effet qu’il peut exister une manipulation politique mais que votre exemple est mal choisi et que la mésinformation vient, cette fois ci, de votre côté.

    Par contre, je pense que tout regroupement, manifestation, match de foot etc augmente la probabilité de violence.

    Je ne suis pas un journaliste qui défend à tout prix sa profession. J’ai totalement conscience que certains média et politique ont la force de manipuler. J’esperais seulement que les personnes qui les critiquent ne soit dans l’affontement pour l’affrontement.

    Au plaisir de vous lire … 🙂

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    • Romain
      Romain dit :

      Bonjour flacky,

      Effectivement la place Bellecour n’est qu’un exemple et je ne remets pas en cause le travail journalistique. Cependant la violence fera toujours plus d’audimat que tout le reste. Non ?

      Une charge de CRS occasionne évidemment réactions en retour, un bon conditionnement au préalable ( réduction de l’espace personnel) aiguisant dans ce cas les esprits et formatant les gens à une réponse violente.

      Merci pour la réaction
      Romain

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