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Lien entre le mensonge et la communication non-verbale

Vous a-t-on déjà menti ?

Oui ! Sans aucun doute !

Mais l’avez-vous vu ?

Avant d’essayer de repérer les menteurs, il faut dans un premier temps comprendre comment fonctionne le mensonge et par la suite, savoir ce qu’il provoque chez la personne qui ment.

Je vous propose donc dans cet article de voir comment le corps réagit lorsque le mensonge est construit puis communiqué verbalement.

Les attitudes ou expressions, lors du décodage du langage non-verbal, doivent être analysées au travers de certains filtres.

Ils sont indispensables pour avoir une compréhension fiable et des réactions d’intelligence non-verbale adaptée.

Lors de la détection de mensonge, ces filtres sont tout aussi importants pour éviter de tirer des conclusions hâtives et de porter des jugements erronés.

Vous apprendrez donc comment ne pas commettre d’erreurs d’interprétation.

Elles peuvent parfois être lourdes de conséquence pour les personnes honnêtes, accusées à tort de mentir…

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Pourquoi les gens mentent-ils ?

Lorsque vous observerez des indices de mensonge, l’important ne sera pas forcément de savoir que votre interlocuteur vous ment, mais plutôt d’en rechercher la cause.

Cette tentative de tromperie pourrait bien cacher une intention qu’il considère comme positive à votre égard.

N’avez-vous jamais menti avec l’intention positive de préserver un ami, un collègue ou même un proche ?

Plusieurs raisons peuvent pousser vos interlocuteurs à ne pas vous dire toute la vérité :

  • Pour faire plaisir ou pour la paix
  • Dans un besoin de flatter son égo
  • Par peur
  • Pour dominer
  • Dans le but d’obtenir quelque chose

Stress, peur, culpabilité ou joie, les émotions du menteur

Comment le mensonge se construit

Le menteur trompe son interlocuteur en abusant de sa confiance.

Il agit sur la réalité en la déformant, en modifiant certaines informations, ou en créant carrément une réalité virtuelle.

Ces informations, omises, modifiées ou construites doivent être adaptées à l’interlocuteur et au contexte particulier de la situation.

Le menteur doit dans un premier temps créer son mensonge, l’imaginer et se projeter dedans.

Pour ensuite prendre en compte tous les éléments qui vont permettre de le mettre en œuvre réellement.

Une bonne connaissance des points forts et des points faibles de son interlocuteur lui permettra de mieux élaborer sa duplicité.

Une tempête dans la tête du menteur calme

Vous avez pu lire que le menteur devait s’adapter à plusieurs paramètres pour commettre son forfait de tromperie. Le mensonge va donc créer automatiquement chez lui certaines réactions émotionnelles qui sont inconscientes et incontrôlables.

Elles vont cependant varier en fonction de la personne dupée, du contexte de la situation et du type de mensonge.

Le stress, lié à sa construction et la peur, d’être démasqué, sont les principales réactions émotionnelles produites. Mais elles le seront à des degrés d’importance différents.

L’omission d’un fait, provoquera par exemple moins de stress que l’invention d’une nouvelle réalité. Car la justification d’un oubli par le menteur lui semblera plus facile que celle de la création de faits n’ayant jamais existé.

Le stress et la peur pourront par contre être très présents lorsque le mensonge devra être élaboré rapidement, sans anticipation.

Le cerveau du menteur, alors trop occupé à construire sa tromperie, ne pourra pas en même temps réprimer les émotions liées au stress ou à la peur, surtout si son mensonge l’oblige à simuler une émotion.

Dans certains cas, comme avec les proches, la tromperie semblera plus facile grâce à la connaissance de leurs points sensibles. Mais le menteur pourra ressentir de la culpabilité de tromper un proche et cela pourra se voir sur son visage.

Parfois, chez le menteur pathologique, vous pourrez même observer de la joie, prise dans le plaisir de tromper…

Le mensonge désynchronise le verbal et le non-verbal

Les gestes accompagnent le langage verbal, le ponctuent, l’illustrent et le complètent, tout comme les expressions qui expriment les émotions.

Lors de la tentative de tromperie, le menteur a l’obligation de réussir !

Cet objectif va donc générer chez lui une pression très importante.

Le corps va alors produire des signes observables comme des incohérences entre la parole, le langage non-verbal et l’expression d’émotions normalement ressenties.

Le système limbique, partie du cerveau en charge de la gestion des émotions et des réactions de survie, va donc protéger le corps contre cet excès de stress.

Il lui demandera, de manière inconsciente et incontrôlable, de diminuer ce stress par des actions tranquillisantes ou de fuir face à la peur.

C’est cette rupture, ou désynchronisation qui permettra de déjouer les menteurs.

Les habitudes non-verbales du menteur

Pour observer de manière fiable la désynchronisation chez un menteur il est important de le connaître.

Comme lors du décodage de la gestuelle pour connaître les intentions et pensées de vos interlocuteurs, vous devrez, pour observer avec fiabilité les gestes incohérents du mensonge, établir une ligne de référence.

L’objectif sera alors de connaître son comportement non-verbal en situation de confort.

  • gestes favoris
  • illustrateurs gestuels lorsqu’il s’exprime
  • postures préférées

Ce sont les modifications de cette ligne de référence qui vous alerteront que quelque chose est en train de se produire en lui.

Pour approfondir la notion de ligne de référence, visionnez à nouveau la vidéo de la série 1jour1geste ci dessous :

Image de prévisualisation YouTube

Les signes de stress, de peur ou de culpabilité sont liés à l’inconfort et donc présents lors du mensonge.

Mais il faut cependant être vigilant. L’inconfort chez vos interlocuteurs ne signifie pas nécessairement qu’ils mentent.

Le corps peut exprimer de l’inconfort dans de nombreuses situations en dehors du mensonge.

Le passage d’une situation de bien être à une situation d’inconfort doit, dans un premier temps, vous informer qu’une modification émotionnelle a lieu en lui.

Il vous faudra ensuite rechercher d’autres signes allant dans le sens gestuel du mensonge, en rapport avec le contexte, pour être certain de vos analyses.

Car la personne innocente accusée à tort ou voyant que vous êtes suspicieux pourra elle aussi montrer des signes de stress et de peur. Ceux de ne pas être crue …

Pour mieux comprendre ce qu’est la prise en compte du contexte, visionnez à nouveau la vidéo de la série 1jour1geste ci dessous :

Image de prévisualisation YouTube

Le mensonge en lien avec les gestes de sécurité

Le cerveau, fortement soumis au stress et à la peur pendant le mensonge, va chercher à protéger le corps et à lui faire quitter cette situation le plus rapidement possible.

La partie limbique va alors produire plusieurs actions, qui peuvent parfois être simultanées, dans le but de revenir rapidement à une situation plus confortable et plus paisible :

  • Les gestes tranquillisants :

Lors d’inconfort peu intense, comme lors du mensonge par omission, le système limbique va commander d’apaiser le corps.

Il va alors se servir de certaines parties corporelles pour effectuer des contacts sur le visage, la nuque, les bras, les cuisses ou le torse.

  • Les attitudes d’immobilisation :

Les émotions liées à la tromperie vont provoquer l’immobilité du corps et des membres. Les gestes seront alors moins amples voire inexistants.

Il sera alors important de comparer ces attitudes avec la ligne de référence du menteur.

Comme lors d’une menace, il va se figer pour ne pas être repéré

  • Les signes de fuites :

Ils vont exprimer l’envie d’en finir rapidement.

La volonté de sortir de cette situation inconfortable pourra alors se traduire par une direction des pieds vers la sortie, des mouvements d’épaule unilatéraux, une direction du corps là où l’esprit souhaite partir

  • Les gestes et objets barrières :

Le but sera de se protéger.

Le menteur, tout en racontant son mensonge, va protéger inconsciemment son corps des répliques de son interlocuteur.

Car celui-ci pourrait devenir une menace si la tentative de duplicité était découverte.

Les bras croisés devant le torse, l’avant bras posé sur la table en forme de barrière devant la personne ou tout autre objet tenu peut symboliser une protection.

Tout comme la carrosserie de la voiture qui sépare le policier du menteur qui assure ne pas être passé au feu rouge …

Quand le visage du menteur établit le lien avec le mensonge

La partie limbique du cerveau va parfois produire des signes particuliers sur le visage de la personne qui ment.

En cas de nervosité, ou de peur, vous pourrez alors remarquer l’apparition de changements sur certaines parties de la face :

  • Au niveau des lèvres : pincement, légères morsures, tension, tremblements, …
  • Plissement sur le front
  • transpiration
  • Yeux : mouvements rapides. Fixité du regard pour voir si le mensonge à été accepté chez l’interlocuteur.
  • Tremblements au niveau du menton

Dans le cas d’émotions simulées vous observerez parfois plusieurs incongruances. Et 2 émotions pourront être présentes en même temps sur le visage.

Comme par exemple un sourire sur sa partie basse, mélangé à une expression de peur au niveau des yeux, des sourcils et du front …

Quand une émotion est refoulée, comme lors d’une peur importante d’être découvert pendant la tentative de tromperie, le menteur pourra produire cette émotion sous la forme d’expression faciale très rapide.

Ces micro-mouvements produits en 1/25e de seconde sont appelés des micro-expressions.

Il n’est cependant pas aisé de les détecter sans un entrainement adapté.

Pour développer votre aptitude à détecter les micro-expressions, venez tester le logiciel d’entrainement en ligne « émotion.ninja » :

emotions.ninja

Le nez du menteur ne s’allonge pas !

De nombreuses idées reçues existent sur le mensonge.

Vous avez pu lire dans cet article qu’il n’existait pas de signes particuliers, exprimés uniquement quand un interlocuteur vous ment.

Le corps exprime simplement et de manière inconsciente que votre interlocuteur ressent de l’inconfort.

Le mensonge est générateur de stress et le corps abaisse alors sa barrière de sécurité limbique.

Pour détecter les mensonges il faudra alors être attentif à ces modifications de la ligne de référence de vos interlocuteurs qui expriment des incohérences par rapport au contexte de la situation.

 

Prenez bien en compte le contexte et la ligne de référence de vos interlocuteurs.

Détectez le mensonge, cherchez son origine et agissez avec intelligence non-verbale …

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