Portique ecotaxe

La gestuelle de Rachida Dati au sujet de l’écotaxe

On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle analyse non-verbale en vidéo de l’actualité. Cette dernière est très marquée en ce mois de novembre par l’écotaxe.

Je vais donc me pencher dans cette analyse sur une interview qui met en scène Rachida Dati (sur RMC Radio) réalisée il y a quelques semaines. Dans cette vidéo elle dit : « Ne pas être au courant de la signature avec l’entreprise étrangère Ecomouv’ pour la collecte de l’écotaxe ». Maintenant que nous dit l’analyse non-verbale ?

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La vidéo originale se trouve ici

La gestuelle de Rachida Dati au sujet de l’écotaxe

(Transcription texte)

Je remercie avant tout Olivier, qui est l’un de mes élèves dans la formation Non-Verbal en Action, pour m’avoir soumis cette vidéo. Il y a pas mal de choses à observer d’un point de vue non-verbal.

On va faire cette analyse en deux temps. Premièrement je passe la vidéo en temps réel en mettant en valeur un certain nombre d’indices non-verbaux. Et ensuite je vais faire des arrêts sur image avec le décodage de la communication non-verbale.

Je passe la vidéo et on se retrouve juste après.

Cette analyse a lieu en deux étapes :

  • 1ère étape : tout va bien dans le discours. Jusqu’au moment où le présentateur pose la question : « Pourquoi avoir signé ce contrat public/privé ? » où le langage corporel de Rachida Dati change. Et à partir de là, ça sera la deuxième étape de l’analyse.

1ère étape de l’analyse

Alors ici, elle emploie le steeple, cet espèce de clocher avec les mains qui montre confiance en soi, qui montre confiance dans les propos qu’elle donne. Ce geste fait partie de l’apanage des hommes et des femmes politiques pour faire passer leur message [0:04 à 0:07].
On a également un geste qui vient accompagner la parole lorsqu’elle dit « je » [0:13] et qu’elle ramène les mains vers elle. Ces gestes des mains, ce sont ce que l’on appelle des illustrateurs. Ils viennent donner du corps au discours. Dans cette première partie, Rachida Dati est confiante dans ses propos. Elle utilise encore ici un illustrateur en parlant de la filière agro-alimentaire. [0:19]

2ème étape de l’analyse

Voilà maintenant la question du présentateur qui va arriver c’est : « Pourquoi avoir signé ce contrat public/privé ? ».

Cette question, c’est ce que j’aime appeler le Déclencheur d’une réaction qui va complètement changer la communication non-verbale de Rachida Dati. On appelle ça aussi une rupture dans la ligne de référence. Les signes de confiance qu’on avait juste avant disparaissent au profit de signaux caractéristiques d’une montée de stress. Il y en a plusieurs parce que petit rappel, il faut toujours observer en cluster, c’est à dire, identifier plusieurs gestes allant dans le même sens, qui ont une même signification. Tout simplement pour augmenter la fiabilité de l’analyse.

Alors dans cette étude en cluster, que retrouve-t-on ?

On observe ici qu’elle croise les bras. Il s’agit d’un geste de fermeture. [0:33] Elle entrelace également un peu plus loin ses doigts, toujours en guise de barrière entre le commentateur et à sa partie abdominale [0:41] et cela indique qu’elle se fait du souci.

Ici autre point. C’est très bref mais elle se protège des dires du commentateur faisant opposition avec sa main pour arriver [0:41].

[0:47] Ici, ce geste de pincement symbolise en règle générale dans le discours la quête de la précision mais aussi le questionnement, l’incertitude. On voit qu’elle s’embourbe dans son raisonnement à la fois d’un point de vue non-verbal mais aussi d’un point de vue vocal puisque le débit de parole ralentit brusquement.
Pour que vous puissiez le remarquer, je remets le passage avec simplement le son et je coupe l’image en laissant simplement les mots.

« Je vais vous dire une chose. Je n’étais même pas au courant d’euh effectivement d’euh du de cette signature euh de de contrat avec une entreprise en charge de collecter l’impôt. Moi je suis ba bien enfin moi ça me surprend et euh pour ne pas dire plus euh euh qu’une entreprise privée et étrangère soit déléguée ou en charge de collecter l’impôt en France. »

On a des hésitations dans le discours, répétition de mots, structure de phrase décousue, perturbations vocales, les illustrateurs qui disparaissent au profit d’une immobilité non-verbale plus prononcée et l’apparition de gestes tranquillisants. [0:48] comme ici lorsqu’elle se gratte le nez, c’est assez flagrant.

Dans cette seconde partie de l’interview, Rachida Dati fait face à ce que l’on appelle une charge cognitive. Elle doit rassembler tous ses efforts mentaux dans la construction de sa réponse verbale et du coup, délaisse sa communication non-verbale qui reflète l’état confus de ses pensées.

Conclusion de cette analyse

Maintenant comment interpréter cette charge cognitive illustrée par cette communication non-verbale. Comment retrouver le déclencheur qui a provoqué ce changement non-verbal ? C’est toujours le sujet le plus délicat. Donc je vais prendre des pincettes et émettre plusieurs hypothèses. Il y a clairement ici un enjeu dans la réponse.

Etait-elle au courant de cette signature ? Avait-elle un ressentiment vis-à-vis de Borlot ou NKM qui avait à l’époque fait le deal avec l’entreprise Ecomouv’ ? Ou encore essaie-t-elle de se détacher de cette décision politique prise de son bord, de l’UMP, pour laquelle elle n’est pas en accord ?

En tout cas, pour nous, on en restera à l’observation de cette charge cognitive et où l’enjeu est très perceptible dans sa réponse non-verbale où le doute prédomine.

A vos commentaires

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14 réponses
  1. Encarna
    Encarna dit :

    tres interessant . super bien vu . mais comme toujours c’est plus aise lorsque l’on est spectateur . je rame encore pas mal pour ma part ! merci a vous tous

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  2. Nico
    Nico dit :

    Je te remercie tout d’abord pour cette vidéo Romain.
    Je trouve très bien de mettre la vidéo avant de l’analyser, mais (personnellement bien sur) je pense qu’il serai mieux pour nous que la vidéo au début se déroule sans indices, de manière à ce que lorsque tu nous expliques par la suite, on se rend compte de ce qu’on à loupé ou non.
    Imaginons que l’on voit quelque chose en plus de ce que tu nous montres, il y aurai moyen d’en parler par commentaire, or là on est influencer par les (jolies) flèches ^^.
    Je ne cherche qu’à m’améliorer dans l’analyse donc s’il y a trop d’aide c’est moins drôle 😛 C’est donc pour cela que je te fais cette critique qui pour moi ne cherche qu’à être constructive pour ton enseignement. Bien sur à voir avec mes confrères si je suis le seul à penser comme ça ^^.
    Cordialement et encore merci de faire ce que tu fais.

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  3. prigent hélène
    prigent hélène dit :

    Bravo pour votre analyse mais en toute modestie je pense qu’elle est ignorante. Elle ne sait rien de l’écotaxe ; Jusqu’au jour et encore nous nous sommes demandés a quoi servent ces portiques et enfin la révélation…
    Les politiques décident et mettent en application des années après mais on a tout oublié.

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  4. François
    François dit :

    Explication claire et nette. Quelles que soient les raisons cachées derrière celà, il apparaît clairement une opposition entre l’avant et l’après question ! Bien joué.

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  5. Sepal
    Sepal dit :

    Bonjour Romain,

    J’aurais aimé savoir, vous avez repéré cette personne en la voyant « comme ça », ou vous avez chercher des signes dans cette vidéo ?

    Ce que j’aimerais savoir, c’est si vous avez détecté le mensonge de manière « banale » ou si vous avez du vous concentrer pour le trouver.

    Merci pour cette vidéo.

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