gestes-seule-signification

1 geste n’a-t-il qu’une seule signification ?

Et si nous parlions aujourd’hui d’un grand mythe de la communication non-verbale ?

Certains pensent, ou enseignent, qu’à l’observation d’un geste ne correspond qu’une seule signification …

C’est faux !!!

Et nous allons voir pourquoi dans cet article.

Il est parfois surprenant d’observer un geste identique dans différentes situations et il peut sembler alors difficile de le décoder.

Je vais donc vous expliquer comment rendre vos interprétations justes, sans jouer à la roulette russe en décodant ces gestes.

A la fin de cet article vous comprendrez qu’un geste, tout comme un mot, peut avoir plusieurs sens et vous serez capable, tout en sachant pourquoi il est produit, de savoir à quoi il correspond.

Vous êtes bien accrochés ? C’est parti !!!

 

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Le sens de notre communication non-verbale est ancestrale

Il faut remonter l’arbre généalogique de l’espèce humaine, pour obtenir la réponse à la question qui est de savoir pourquoi nous produisons des gestes dont nous n’avons, pour certains, pas conscience.

A l’époque préhistorique, l’être humain devait s’adapter pour survivre et créer des schémas tactiques rapides, pour agir face aux menaces venant de son monde hostile.

De nos jours, le chef de service menaçant a remplacé le dinosaure, mais l’Homme a conservé ses schémas de survie ancestraux, legs de plusieurs millénaires d’évolution.

Charles Darwin, célèbre anthropologue Anglais, disait que celui qui survit n’est pas celui qui est le plus fort, mais celui qui sait s’adapter …

Et l’Homme a survécu et il survit encore aujourd’hui !

Un système producteur de gestes non-verbaux significatifs

Le cerveau contrôle tous les comportements, conscients comme inconscients.

Cela va du simple croisement de bras à la réalisation d’une symphonie, en passant par la variation du rythme cardiaque.

Dans les années 60, c’est le scientifique Paul MacLean qui a été le premier à décrire la structure du cerveau de l’Homme moderne comme triunique.

Et même si ces 3 cerveaux, ou parties, ont de nombreuses connections nerveuses, ils possèdent chacun des fonctions bien distinctes et des spécificités qui leur sont propres.

Ils sont apparus successivement au cours de l’évolution humaine.

  • Le cerveau reptilien

C’est le plus ancien des trois.

Il assure les fonctions vitales de l’organisme comme les battements du cœur, la régulation de la température ou encore la respiration et la digestion.

Ses actions dans le langage non-verbal sont minimes, mais il a néanmoins un rôle physiologique important, celui de nous faire vivre !

  • Le néocortex

Il est le cerveau pensant et le plus récent des trois.

Ses deux hémisphères cérébraux imposants en font un cerveau créatif et intuitif, avec des capacités de mémorisation et d’évaluation importantes.

Il a des possibilités de pensées complexes qui ont permis d’envoyer l’Homme sur la Lune, mais elles lui permettent aussi de le faire mentir

  • Le cerveau ou système limbique

C’est la star du non-verbal !

Le système limbique assure l’action dans le mode de survie du corps, en produisant une réaction avant que le néocortex n’ait eu le temps d’analyser la situation.

Cette partie de notre cerveau est également impliquée dans l’apparition de signaux liés aux émotions.

L’Américain Daniel Goleman, Dr en Psychologie clinique, considère que c’est le « cerveau honnête » d’un point de vue non-verbal.

Les signaux qu’il émet, liés à la survie ou aux émotions, n’exigent aucune réflexion et sont instantanés.

Ces comportements non-verbaux s’expriment au travers de nos différentes parties corporelles et sont difficiles à masquer ou à réprimer.

Essayez de contenir un sursaut lorsque l’on vous fait peur …

Le système limbique notre protecteur non-verbal

Les réactions non-verbales que nous étudions sont produites en fonction de ce que dicte le système limbique.

Il peut y en avoir plusieurs à la suite, enchainées dans un seul but, nous protéger contre des situations stressantes, désagréables, dangereuses ou juste inconfortables et nous ramener vers un état de bien être, plus paisible et durable.

Depuis 6 millions d’années, le cerveau limbique a assuré la survie de l’Homme en prenant le contrôle de son comportement en présence de divers dangers.

Il ne s’agit plus aujourd’hui de faire face à un animal préhistorique, mais les dangers et inconforts modernes produisent le même effet sur ces réactions limbiques ancestrales.

Les signes exprimés sont parfois plus subtils qu’à l’Age de Pierre, mais ils restent observables.

Et de nos jours, nous ne partons pas en courant quand notre boss nous fait peur en fronçant les sourcils et en grognant !

Ces réactions des différentes parties du corps vont alors nous montrer ce que le système limbique commande au corps :

  • s’immobiliser, pour ne pas être repéré
  • se dissimuler, en occupant le moins de place possible
  • fuir, pour échapper à la situation
  • en dernier recours attaquer

Le tout avec une grande variété de gestes.

Mais attention !!!

Le moindre grattage de la tête, frottement du nez ou flexion du pouce de la main droite n’a pas forcément de signification non-verbale !

Comme le démontrent des études actuelles, cela n’a pas de sens d’étudier des détails aussi précis, surtout quand ils sont observés seuls.

Tous les gestes ne sont pas interprétables !

Un contexte pour comprendre la signification des réactions gestuelles

Quand vous décodez le langage non-verbal, vous devez faire preuve d’un sens aigu de l’observation. Et, pour éviter des erreurs d’interprétation, vous ne devez pas vous limiter à observer seulement les gestes exprimés par le corps.

Observer et prendre en compte le contexte dans lequel se trouve la personne dont vous tentez de décoder les gestes, vous permettra d’ajouter certains paramètres indispensables à votre analyse pour la rendre fiable.

Cela vous permettra de répondre à une question primordiale que l’on se pose quand on décode le langage non-verbal : « Pourquoi la personne a cette réaction ? »

Le but est de donner un sens à ce que vous observez.

Prendre en compte le contexte c’est observer ce qui se trouve autour de la personne et qui pourrait expliquer l’action de son système limbique sur la production de certains de ces gestes.

Les comportements gestuels d’une même personne peuvent être différents s’ils sont, par exemple, observés dans le métro ou lors d’une soirée en famille.

Certaines réactions de stress, liées au milieu dans lequel elle se trouve, peuvent fausser votre décodage si vous n’en tenez pas compte.

Il est également important de prendre en compte les filtres de la perception du monde de la personne que vous décodez. Sa manière de percevoir les choses, façonnée par ses expériences vécues.

C’est le contexte intérieur.

Il peut interagir avec les événements qui se produisent au moment de votre observation.

Intérieur ou extérieur, il est primordial de se demander si le contexte de la situation à une influence, au moment où vous décodez la gestuelle de la personne que vous observez.

Le sens des phases du corps dans le langage non-verbal

Selon une croyance très répandue, un geste correspondrait à une seule signification. Et certaines méthode d’enseignement se revendiquant plus simple, applique cette méthode.

Cette règle est complètement fausse et nuit énormément à la compréhension du non-verbal.

La signification d’un geste dans vos observations peut être comparée à la compréhension d’un mot qui peut avoir plusieurs sens, ou polysémie.

Par exemple, le mot gagner :

– Il peut exprimer gagner de l’argent mais aussi gagner le rivage, gagner à être connu, gagner aux jeux …

Dans l’analyse gestuelle du non-verbal, nous pouvons également parler de polysémie des gestes.

Prenons l’exemple classique du croisement de bras, largement évoqué lorsque l’on parle de langage non-verbal :

– Il peut être effectué quand il fait froid, car cette position réchauffe la zone sensible du ventre, mais ce croisement de bras n’aura pas la même signification quand cette même personne sera en colère ou contrariée et les mettra en barrière entre elle et son interlocuteur.

On peut également l’observer dans des positions de domination, sans colère et dans une ambiance thermique chaude ou même dans une situation de confort, allongé dans son canapé devant la télévision …

Analyser un geste seul, c’est prendre le risque d’obtenir un bon décodage parmi une multitude de mauvais.

Pour être certain de la fiabilité de vos analyses non-verbale, vous devez observer les gestes par petits groupes, de 2 à 3 gestes minimum.

On appelle cela observer en cluster.

Ces gestes, posture ou expressions faciales doivent se rattacher à une même signification, ou interprétation.

Et plus vous allez observer de gestes qui ont le même sens, plus votre analyse sera juste et fiable.

Observer en cluster doit donc vous donner 2 options :

– vous conforter dans le décodage de votre analyse

rejeter ce que vous avez pensé en voyant le premier geste seul

Plus il y a de gestes qui sont congruents, plus vous êtes dans le vrai !

Pour approfondir cette notion, vous pouvez regarder cette vidéo de la série 1jour1geste :

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Organiser vos analyses et observations gestuelles

Pour ne pas vous perdre et optimiser toutes les informations que vous allez récolter, je vais vous parler d’une méthode redoutablement efficace.

Il est essentiel d’organiser par étape son analyse non-verbale, au risque d’agir trop vite sur des interprétations incomplètes.

  • Dans un premier temps, il faut bien sûr observer les gestes.

Car si vous connaissez leurs significations mais que vous ne les voyez pas, cela ne vous servira à rien.

Ils sont parfois subtils, rapides et leur observation demande de l’entrainement et de l’attention.

Il faut cependant rester discret, pour ne pas rajouter un contexte de stress à la personne que vous observez.

  • Vient ensuite le décodage.

C’est la signification du geste, de l’attitude, de la posture ou de l’émotion.

Observez en cluster, confirmez vos premières observations par au moins 3 signes allant dans le même sens gestuel.

Le but de cette étape est d’avoir le maximum d’explications et d’informations disponibles à mettre derrière la gestuelle observée.

  • Pour finir l’organisation des informations, la 3e étape est la recherche du ou des déclencheurs.

C’est la recherche du « pourquoi votre interlocuteur est il parcouru par ce sentiment ? »

Au delà de l’analyse de la simple gestuelle, c’est celle du contexte, intérieur et extérieur, qui pourra vous donner des éléments de réponses. Il peut y avoir différentes raisons qui déclenchent la gestuelle.

Certaines vous sembleront évidentes, d’autres vous demanderont plus de pratique et de connaissance de la personne que vous décodez.

Après avoir analysé avec fiabilité la gestuelle observée, vous avez la possibilité d’agir dans vos relations avec vos interlocuteurs.

Soit pour avoir plus d’impact dans vos relations, ou pour faire preuve d’intelligence non-verbale et développer votre empathie.

Dans cette vidéo de la série 1jour1geste, vous pourrez approfondir la notion d’observation :

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La conclusion de la polysémie gestuelle

Vous savez maintenant pourquoi il n’est pas fiable de baser vos décodages sur l’analyse d’un seul geste.

Vous devez observer plusieurs gestes, dans leur contexte, en organisant les informations que vous avez décodées.

Le cerveau limbique est le meilleur allié de l’Homme pour sa survie et son bien être, mais il l’est également pour le décodeur, car c’est lui qui produit les signes non-verbaux que vous allez analyser.

Entrainez vous à les repérer, ils sont parfois très subtils.

QUESTION :

Combien faut-il de gestes pour une analyse fiable et juste ?

1 réponse
  1. Cedric leroy
    Cedric leroy dit :

    Bonjour
    Un bel article qui reprend les bases du decodage et me rappelle tout l interet du cluster. Il m a donne l envie de reprendre mes modules depuis le debut en attendant un prochain article.
    Amicalement.

    Cedric

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