Fromage du Trivial Pursuit

Gagnez des parties de Trivial Pursuit sans avoir une énorme Culture G

Avez-vous déjà pensé à interpréter les gestes pour gagner aux jeux de société ?

Mis à part le Poker pour démasquer le bluff et certaines stratégies aux échecs, je n’y avais jamais vraiment songé. J’avais tort.

En effet, je vais vous raconter mon dernier séjour en Normandie. Ce week-end à la campagne illustre parfaitement les possibilités que peut apporter le décodage du langage corporel dans les jeux de société.

 

Trivial Pursuit

A quoi va t’on jouer ? Jungle Speed, Monopoly, Time’s up ! Trivial Pursuit ?

Après une bonne assiette de charcut’ fromages entre amis, nous voilà lancés par équipe de deux dans une partie de Trivial Pursuit Casual. Je ne connaissais pas cette nouvelle version du jeu. En tout cas, elle est vraiment plus sympa que la vieille version.

Dans cette nouvelle monture, les joueurs ont la possibilité de parier sur l’issue des réponses des autres joueurs (soit ils auront la bonne réponse, soit ils auront faux) et d’acheter des camemberts.

Ce jeu est donc un mixte entre le Monopoly, le Trivial Pursuit et le Poker.

J’ai beau lire des livres, m’intéresser à différents sujets, j’ai définitivement des points forts (Sport ; Sciences) mais surtout des points faibles (Art et Littérature ; Histoire) en culture générale.

Je n’ai donc pas le meilleur profil pour gagner la partie où la culture générale prime dans ce genre de jeu.

Cependant, même si je ne suis pas expert dans tous les domaines, je sais interpréter les attitudes des autres.

Vous allez le voir, cet avantage m’a permis sans connaître au préalable les réponses de nombreuses questions, de finalement les trouver. Et donc de remporter des fromages. Miam.

Repérer le changement d’attitude

Voici le premier exemple :

« Quelle est la fréquence radio de la station info trafic sur les autoroutes ? »

On a tous pu observer ce panneau en regardant le paysage derrière la vitre de sa voiture. Derrière votre écran d’ordinateur, vous le savez certainement.

De mon côté j’avais en tête 107, quelque chose. Il me manquait les décimales pour avoir la bonne réponse.

Antoine, qui avait conduit entre Paris et la maison de campagne avait quant à lui la réponse

Antoine : «  Facile, je l’ai vu tellement de fois sur la route tout à l’heure ».

Très bien. Antoine a la réponse. A moi désormais d’observer ses réactions pour la connaître.

Moi : « Je crois que c’est aux alentours de 107 ». « Je pencherais pour un 107,2 même si 107,5 ça sonne plutôt bien. Tu en penses quoi Fabien (mon coéquipier) ? »

Du côté d’Antoine, que ce soit 107,2 ou 107,5 : la réaction sur le visage était toujours la même.

Je ne pourrais pas la décrire exactement mais par contre, la suite est beaucoup plus instructive.

Moi – « Quoi que en fait, j’ai le souvenir de voir 107,7 sur les panneaux ».

A ce moment précis, le visage d’Antoine a changé d’expression.

Je ne pourrais pas non plus dire en quoi il a changé. Le plus important, c’est qu’il ait changé. Ce simple indice m’avait montré que j’étais tombé sur la bonne réponse.

Panneau_Autoroute_Info

© Hugom08

 

Dans ces jeux où une compétition amicale se passe, on a inconsciemment envie que les autres joueurs se trompent.

S’ils sont sur la voie de la bonne réponse, notre attitude change.

C’était effectivement 107,7 la bonne réponse. Miam, un fromage bien mérité (volé?) 🙂

Ce premier exemple illustre une notion importante dans le décryptage de la communication non verbale : celle de la référence. En énumérant des réponses fausses, j’avais constitué une référence sur le visage d’Antoine. La référence de la réponse fausse. Dès que la bonne réponse est sortie de ma bouche, la référence a subitement disparue. Une nouvelle référence était apparue, celle de la bonne réponse.

Les gestes à observer pour gagner

Toujours dans cette même partie, voici un deuxième exemple mettant en scène les gestes des autres joueurs qui m’ont permis d’identifier la bonne réponse.

Comme je le disais plus haut, nous jouions par équipe de deux.

Dans une question portant sur les Caraïbes, nous échangions avec Fabien (mon coéquipier) sur le pays pouvant potentiellement être la bonne réponse.

Martin, un autre joueur, connaissait la réponse et Émilie également puisqu’elle tenait la carte dans sa main.

Nous échangeons donc avec Fabien des noms de pays, discutions à peser le pour et le contre.

Mer des Caraibes - Haiti

Moi – « Ça peut être Cuba ou bien pourquoi pas La Jamaïque. »

Fabien – « Je n’en suis pas sûr mais j’ai cru lire qu’il s’agit d’Haïti»

A ce mot, Émilie tournait la tête vers Fabien qui venait de prononcer Haïti, Martin, quant à lui s’enfonçait au même moment dans le canapé. Bingo, on tenait la bonne réponse. Haïti

Je dis donc à Emilie : « Haiti comme réponse ». Elle me répond : «  Vous êtes sûr ? »

Double bingo, cette question de dernière instance montre qu’effectivement il s’agit de la bonne réponse. Elle est tout simplement posée pour faire douter le joueur. Si la réponse était fausse, cette dernière question n’aurait pas lieu d’être. Un schéma similaire s’est reproduit et j’ai pu observer le même scénario lorsque nous hésitions entre Dali et Picasso.

3 fromages sur 6 sans connaître de façon certaine la réponse, pas mal non ?

Ne suivez pas les autres, suivez celui qui sait

Voilà la raison pour laquelle nous n’avons pas gagné la partie et obtenu un 4ème fromage gratuit par la simple observation du langage corporel. Connaissant le principe de preuve sociale, je reste critique vis-à-vis de ce que pense la majorité des gens en règle générale. Suivre la masse, c’est ce qu’ont pourtant tendance à faire inconsciemment beaucoup de gens dans un moment d’indécision : c’est à dire suivre le comportement ou les décisions de la majorité. Parfois, il faut savoir choisir sa propre direction.

Dans ce troisième exemple, nous avions le choix entre deux réponses : « catholique ou protestant »

La majorité penchait pour la réponse « protestant ». Vous savez, même quand ce n’est pas notre tour, on a tendance à discuter de la réponse 🙂

Je n’en avais aucune idée. Emilie, tenant la carte, connaissait lan réponse et avait l’air sereine.

J’ai donc lancé d’une manière affirmative : Moi, je pencherais plus sur « catholique »

Emilie m’a fixé et son visage a changé.

J’avais là encore une fois ma bonne réponse.

Malheureusement au final, je me suis laissé prendre par la pression sociale et la décision de mon coéquipier qui avait lui aussi sûr de lui. La réponse finale a été « protestant ».

Et vous savez qu’elle était la bonne réponse ? « Catholique ». Celle que j’avais vue sur le visage d’Émilie.

Tant pis pour le 4ème fromage. J’aurai eu au moins le mérite d’apprendre quelque chose. Dans ce contexte d’indécision, il faut mieux se fier à la personne qui sait (ici connaissant la réponse écrite sur la carte) que l’ensemble des gens pensant connaître la réponse.

Conclusion

Dans un climat d’indécision, regardez les gens qui connaissent la réponse ou qui sont sûrs de la connaître. J’en parle en détail dans l’article Décodez le langage des mains et gagnez aux échecs.

La majorité des personnes pensant connaître la réponse ont peut être faux. Il y a de fortes chances pour qu’elles aient aussi suivi d’autres personnes ne connaissant pas la réponse. Identifiez celles qui sont sûres, même s’il s’agit d’une personne sur 10.

Comme dans l’exemple du 107,7, apprenez à construire des références et notez tout changement de référence comme un indice.

En prêtant attention à ces trois exemples et les techniques de détection associées, vous risquez de remporter un grand nombre de parties sans avoir dû ingurgiter une encyclopédie.

Le langage corporel associé à des jeux tels que le Trivial Pursuit illustre bien le fait de pouvoir gagner facilement si l’on sait observer. Maintenant, j’imagine ce qu’il est possible de faire à des jeux comme le Loup garou ou bien le Killer où l’observation est l’élément essentiel pour gagner.

Avez-vous déjà essayé de décrypter le langage d’autres joueurs afin de gagner ?

 

24 réponses
  1. Santoryo
    Santoryo dit :

    Les gens utilisent souvent la communication non verbale dans les jeux d’échecs ou poker
    Moi je n’ai pas encore utiliser lors d’un jeux :’o ma sa ne serait tarder

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  2. Olivier
    Olivier dit :

    C’est pour çà que bcp de joueurs de poker portent des lunettes de soleil pour éviter qu’on puisse lire dans leurs yeux d’éventuelles indices sur leur main… 😉

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        • Romain
          Romain dit :

          J’ai testé ce we sur le Kem’s. J’étais plus tenté de compter les cartes que d’interpréter les réactions. Cependant, pour trouver le signe des adversaires, tu peux remarquer que la personne ayant les mêmes 4 cartes sollicite l’autre du regard afin qu’il voit le signe. Ce qui invite au contre-kems. Expérience intéressante 🙂

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  3. Axel
    Axel dit :

    Pas mal en tout cas, n’étant moi-même pas un fervu de culture générale je saurais à quoi me rattacher pour les prochaines fois. L’idée des réponses fausses est pas mal d’ailleurs pour étalonner.

    Par contre au poker c’est 10X plus dur car les vrais joueurs font tout pour envoyer des signaux trompeurs, vu que le poker c’est en partie l’art du bluff. D’ailleurs ça me fait penser à une phrase que j’ai lu sur le poker qui disais : « Si tu ne sais pas qui est en train de se faire pigeonner, c’est que c’est toi ».

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  4. Hervé
    Hervé dit :

    Intéressant ton article.
    Tu savais qu’il y avait un précédent célèbre chez les animaux ? Le cas « Hans le malin », début 20è. C’était un cheval qui était capable de répondre à toutes sortes de questions de culture générale, de lire l’heure, etc. Il communiquait ses réponses en tapant du sabot une fois pour a, deux fois pour b, (car on lui avait apprit l’alphabet…) et stupéfiait tous les chercheurs par sa capacité à trouver la bonne réponse. Une commission d’enquête de l’académie des sciences fut nécessaire pour finalement établir qu’il se trompait quand son maître ne connaissait pas la réponse à la question ou était caché. Hans, qui n’était pas le dernier des idiots, lisait en fait chez son maître les micro-expressions faciales indiquant qu’il tombait sur la bonne réponse.
    Source : Watzlawick, P. (1978). La réalité de la réalité. Paris: Seuil, p. 37-40.

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  5. Romain
    Romain dit :

    J’avais lu cette histoire dans je ne sais plus quel livre ! – Il me semble que la supercherie du propriétaire a duré très longtemps avant qu’elle ne soit démasquée !

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  6. adm2d
    adm2d dit :

    on peut aussi utiliser l’observation en jouant à la belote coinchée (en suivant les réactions de son partenaire et de ses adversaires) c’est effectivement d’une grande aide

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  7. Oeildelynx
    Oeildelynx dit :

    Dans les jeux de société, ça peut faire un malheur ! Les tells au poker, les vols de place et autre action parasitant le jeu de l’adversaire au scrabble, la détection de mensonge à la bonne paye ou au poker menteur… Et j’en passe !

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