La communication non-verbale ces gestes qui vous trahissent

La communication non-verbale, ces gestes qui vous trahissent

Elle se gratte le lobe de l’oreille gauche, elle a commis une faute et est prête à l’avouer !!

Non ! Stop aux décodages à la boule de cristal !!!

Je ne vais pas vous réexpliquer qu’un geste seul ne veut rien dire et surtout pas sur la personnalité d’une personne…

Je vous propose cette fois de découvrir les gestes, inconscients, qui constituent les attitudes exprimant les vrais intentions et pensées de vos interlocuteurs.

Mais pas au travers d’une nouvelle liste de conseils non-verbaux.

Je vais vous expliquer pourquoi certaines parties du corps sont plus fiables que d’autres.

Cela vous permettra de reconnaître les signaux contradictoires du langage gestuel, en observant les parties corporelles les moins contrôlables et donc de reconnaître les signes qui les trahissent.

Vous pourrez alors constituer une échelle de crédibilité dans l’observation de la gestuelle de vos interlocuteurs.

L’objectif n’est pas de vous apprendre à mieux dissimuler vos émotions, mais au contraire, de prendre correctement en compte celles de vos semblables pour développer avec efficacité votre intelligence non-verbale empathique.

Donc si tout ça vous inspire, prenez votre index droit de l’introverti et cliquez pour lire la suite !

La communication non-verbale ces gestes qui vous trahissent

La tête commande des gestes : le corps obéit et communique… Ou pas …

Lorsque l’on s’intéresse à la communication non-verbale, il est important de comprendre les réactions produites, en fonction de ce que désire montrer votre interlocuteur mais aussi feindre ou réprimer.

Il se détache plusieurs situations :

  • L’expression volontaire de ses émotions et intentions :

Son langage non-verbal est cohérent avec ce qu’il décrit verbalement.

Les attitudes gestuelles et les émotions réelles sont gérées et produites par une partie de votre cerveau appelée système limbique.

Les réactions qu’il commande sont celles ressenties et il est difficile de les réprimer.

Quand il s’agit de protéger le corps d’une situation dangereuse ou inconfortable, les réactions sont automatiques, rapides, innées et involontaires.

  • Emission de signaux spontanés ou reptiliens :

Issus d’une partie de votre cerveau en charge de la régulation des fonctions vitales et physiologiques, ces signes émis ne sont pas contrôlables.

Transpiration, pâleur ou rougeur du visage et des membres, régulation du rythme cardiaque et respiratoire,…

  • La feinte et la dissimulation des émotions ou des attitudes :

La personne feint une émotion qu’elle ne ressent pas.

Cela est difficile car il faut reproduire artificiellement l’ensemble des signes qui y sont liés.

Ces fausses émotions sont produites par une partie du cerveau, le néocortex, qui est différente de celle des émotions réellement ressenties.

La partie limbique, incontrôlable, pourra alors laisser échapper des fuites comportementales et émotionnelles, en plus de l’émotion simulée.

On parle alors de gestes ou d’attitudes incohérents.

  • Les signes ambivalents :

Dans cette catégorie comportementale, la personne expérimente plusieurs émotions authentiques en même temps.

Elles peuvent parfois même être contradictoires.

Vous allez alors observer des signes qui ne vont pas dans le même sens gestuel, mais qui sont quand même ceux que la personne ressent réellement.

Une personne prise dans une dispute pourra ressentir de la peur et de la colère.

Ces catégories, développées lors de nombreuses recherches dont celles de Desmond Morris, célèbre éthologue à l’Université d’Oxford, ont permis de comprendre ce qu’il était important de prendre en compte, lorsque l’on souhaite détecter les gestes trahissant un comportement réel.

Les émotions trahies par les gestes d’un cerveau peu sollicité et peu sensible

En 1930, Wilder Penfield, neurochirurgien Canadien, a découvert en pratiquant des opérations du cerveau sur des personnes épileptiques, que la stimulation de certaines zones de la partie extérieure du cortex cérébral, provoquait des mouvements et des sensations au niveau des membres.

Il en a fait une représentation célèbre où les parties corporelles sont dessinées en fonction de la surface du cerveau attribuée à leur fonctionnement.

Il a nommé ces représentations les « homonculus moteur et sensitif ».

D’un point de vue moteur, plus les parties du corps et du visage sont grosses, plus elles ont une palette gestuelle conséquente et fine.

L’Homme les contrôle donc facilement et les mouvements sont précis.

Sur le plan sensitif, une taille importante exprime des zones corporelles plus sensibles avec une rapidité à transmettre les informations jusqu’au cerveau plus grande.

Les mains perçoivent mieux les différentes textures au toucher et réalisent des mouvements plus précis que les pieds par exemple … Mais elles sont aussi commandées plus facilement et peuvent exprimer des attitudes ou des émotions non ressenties qui paraissent très crédibles …

Une échelle de crédibilité des gestes pour ne pas être trahis

Certains gestes et postures sont simulés ou refoulés, il est alors important de savoir décoder les incohérences non-verbales qui les trahissent.

Les représentations du contrôle des parties corporelles nous montrent que nous pouvons nous fier à certains membres ou parties du corps, moins contrôlables que d’autre, dans l’évaluation de l’honnêteté de ce qui est exprimé non-verbalement.

Vous allez donc pouvoir dresser une échelle de crédibilité des gestes, qui vous permettra d’observer facilement et rapidement ceux qui trahissent les pensées et intentions réelles de vos interlocuteurs.

A l’image de la communication verbale où toute parole n’est pas bonne à dire pour maintenir sa crédibilité ; dans une communication non-verbale, tout geste n’est pas bon à faire pour ne pas se trahir …

Les pieds et les jambes, ces membres qui vous trahissent !

Ce sont les parties du corps qui échappent le plus au contrôle volontaire du cerveau.

Elles sont donc le plus souvent honnêtes et fiables.

Lorsque l’attention est focalisée sur le refoulement d’une émotion ou la simulation d’une attitude, les pieds et les jambes vont vous indiquer là où l’esprit souhaite réellement aller.

Est-il en phase avec ce que dit la personne lors d’une discussion ou trahit-il une envie de partir ?

Vous observerez donc des attitudes de fuites, mais vous pourrez aussi voir des comportements de méfiance, quand debout, les jambes se décroisent et s’ancrent au sol à la suite d’une phrase.

La partie inférieure du corps fournie des informations fiables sur l’humeur et les intentions de votre interlocuteur.

Desmond Morris, lors de ses recherches, a expliqué que cette honnêteté des membres inférieurs était liée au système limbique et à ses fonctions de protection du corps contre les dangers potentiels et les risques d’inconfort.

Ils servent lors de l’immobilisation en s’ancrant au sol, à la fuite pour courir et au combat.

Ces gestuelles ancestrales étant automatiques, les personnes que vous observez, n’ont pour la plupart, pas conscience de les produire.

Elles sont donc fiables.

La communication non-verbale du buste : sensibilité et gestes protecteurs

C’est dans cette partie du corps que sont situées les zones les plus sensibles et les plus vulnérables.

Le torse renferme des organes vitaux comme le cœur, les poumons, les reins ou encore le foie qui sont responsables de notre survie.

Notre système de défense cérébral, le cerveau limbique, va donc s’attacher à les protéger en cas de stress ou de menace.

Vous allez pouvoir y observer de nombreux gestes de protection, des attitudes de retrait ou de fuite, reflet des intentions réelles de se protéger.

Un croisement de bras, associé à un décroisement des jambes et un retrait du buste vers l’arrière, signification d’une émotion négative ressentie à un moment de votre interaction.

Mais dans le cadre d’émotions positives, le buste pourra s’approcher de ce qu’il désire ou d’une personne qu’il apprécie et se découvrir quand la personne est en confiance et se sent bien.

Les mains et le visage, ou l’apprentissage du mensonge dans la communication non-verbale

Les mains :

Beaucoup de gestes faits avec les mains illustrent des idées précises et prennent leur sens en fonction de l’apprentissage lié à la culture de celui qui les produits.

Certains gestes faits avec les mains peuvent aussi être issus d’émotions ou de réactions du système limbique. Le doigt pointé vers un interlocuteur dans un conflit ou lorsqu’elles disparaissent dans les poches ou sous la table…

Mais tous ces gestes peuvent facilement être simulés ou contrôlés.

La partie motrice liée aux mains occupant une grande surface du cortex cérébral, elles sont contrôlables facilement et sont peu fiable dans l’interprétation de leur sens non-verbal.

Lors de signes contradictoires, elles ne sont donc pas un élément à prendre en référence.

Le visage :

Depuis leur plus jeune âge, les personnes sont entrainées à simuler des émotions avec le visage.

« Fais un joli sourire ! »

« Ne fais pas la tête ! »,

Même si leurs simulations sont efficaces, ces émotions fabriquées ne sont pas ressenties pour autant.

Et comme avec certains gestes des mains, quand une expression incohérente est observée au niveau du visage, celle-ci peut facilement avoir été fabriquée volontairement et il faudra chercher d’autres signes plus fiables, notamment au niveau des jambes, des pieds ou du buste.

Cependant, certains signes ne peuvent être fabriqués et sont présents sur le visage pour trahir certaines émotions.

Comme la contraction ou l’agrandissement des pupilles lors des états d’inconfort ou de bien être.

Ou les lèvres, très sensibles, sont souvent inconsciemment pincées, pressées ou mordillées lors de stress, en réponse à la demande du système limbique d’apaiser le corps.

Vous pourrez également, avec de l’entrainement, observer des expressions faciales très rapides, qui apparaissent lors d’une émotion simulée ou refoulée. Mais il faut être attentif car elles ne durent que 1/25e de secondes

On les appelle les micro-expressions.

Pour en savoir plus sur les micro-expressions, visionnez la vidéo de la série 1jour1geste ci dessous :

Image de prévisualisation YouTube

Echelle de crédibilité et habitudes gestuelles

Vous comprenez maintenant que lorsque vous observerez des gestes ou attitudes contradictoires, il faudra rechercher à identifier les signes authentiques en vous référant à votre échelle de crédibilité.

Il faudra pour cela prendre en compte 3 points importants :

  • Différencier les gestes habituels chez la personne et ceux dus au contexte
  • Plus les gestes observés sont loin du visage, plus ils sont fiables
  • Les gestes inconscients produits par le système limbique sont fiables

Bon, vous venez de bouger vos pieds, ça veut dire que l’article est terminé et qu’il est temps d’appliquer ce que vous venez de lire …

Observez les parties corporelles fiables pour confirmer vos décodages.

En prenant en compte le contexte et  les refrains gestuels de vos interlocuteurs.

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