Compteur de vitesse

Comment repérer un excès de vitesse présidentiel ?

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La vidéo originale se trouve ici

Transcription texte

Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle analyse du Décodeur du Non-Verbal. Aujourd’hui, on va étudier un extrait vidéo qui met en scène François Hollande car à peine sorti de sa voiture après un trajet entre Paris et la Normandie, un journaliste de BFM TV lui pose la question d’un potentiel excès de vitesse du convoi présidentiel. François Hollande le savait-il ou non ? En était-il conscient ou non ? C’est ce que l’on va s’attacher à décrypter dans la suite de cette analyse.

Alors la vidéo date un peu mais elle ne perd pas pour autant son sens et je dirais même qu’elle présente un double intérêt : à la fois dans l’analyse de la gestuelle mais aussi dans l’analyse vocale, c’est à dire de la voix. Je remercie d’ailleurs Gwen, un fidèle lecteur du blog, de m’avoir transmis l’info par email.

L’extrait dure seulement quelques secondes, je vais le passer 3 fois de suite pour que vous puissiez dans un premier temps prendre connaissance des éléments de la vidéo, une seconde pour que vous puissiez prendre conscience de la gestuelle puis une troisième fois pour que vous puissiez concentrer votre analyse sur la voix de François Hollande. Si vous êtes prêt, on démarre tout de suite et puis on se retrouve juste après pour l’analyse.

Analyse de la communication non-verbale

Ok très bien. Comme je vous le disais tout à l’heure, l’analyse va être à la fois visuelle mais aussi vocale. Prenons tout d’abord la température de la scène. Etablissons une rapide baseline. Comment se sent le Président à la sortie de sa voiture ? C’est à dire avant que le journaliste ne pose la fameuse question, on a un François Hollande souriant, avec les épaules dégagées, il est relativement ouvert. Il est ce que l’on pourrait qualifier parcouru par un sentiment de bien-être. Tout va bien. On a ici une arrivée classique d’un Président avec des journalistes autour. Rien d’alarmant.

Maintenant que se passe-t-il ? Le journalise pose la question : « Pas  d’excès de vitesse » et le Président répond mot pour mot « Pas d’excès de vitesse ». Si l’on fait une analyse vocale de ce qui vient de se passer, il y a une répétition mot pour mot de la question. Cette façon de répondre s’observe très souvent lorsque l’on est pris de court par rapport à une question qui pose problème et que l’on ne sait pas quoi répondre. François Hollande n’a pas le temps de penser à une réponse construite et comme l’attente prolongée d’une réponse pourrait éveiller les suspicions, il répète automatiquement et sans réfléchir ce qu’il vient d’entendre. Il vient de se faire épingler par le journaliste sur un sujet délicat et comme il n’était pas sur ses gardes, qu’il ne s’y attendait pas, il a besoin de sortir une réponse rapidement de sa bouche.

Maintenant je vous repasse juste ce passage et on va regarder désormais du côté de la gestuelle.

Voilà, ici. Le sourire authentique, qui est un signe de bien-être et qui disparaît au profit d’un geste d’inconfort. La tête est prise par la gravité, c’est à dire qu’elle se dirige vers le bas. La transition entre bien-être et inconfort est ici très nette. A la suite de la question, il fuit du regard pour traiter l’information qui vient de lui tomber dessus. Fuir du regard, tourner la tête sont des réactions de fuite du système limbique. Ensuite… Voilà ici… Vous constatez qu’il va même chercher derrière lui pour ne pas faire face à la source d’inconfort qui est vous l’aurez deviné maintenant est le journaliste. Il cherche un échappatoire.

L’analyse initiale de Gwen :

Je profite également pour coller ici l’analyse que Gwen avait faite (notamment pour la question de la surprise simulée qui est un élément intéressant également à prendre en compte) :

 » Bon tout d’abord, on peut voir qu’au moment où la question est posée, il change de posture. Il arrivait plutôt fièrement (torse mit en avant + sourire), baisse la tête au moment de la question,  stoppe son sourire, et détourne même la tête.
Ensuite, lorsqu’il répond, sa voix part dans les aigus, donc soit de la peur, de la colère, ou un mensonge. Le mensonge ou la colère montrerait qu’il est au courant de l’excès, mais si c’est la peur, c’est plus difficile de juger, il peut avoir peur de ce qu’il vient d’entendre sans être au courant de l’incident.
Cependant, l’item que je trouve le plus intéressant et le suivant : toujours au moment où la question lui est posée, il a une expression de surprise, qui dure plus de 1 seconde ! La surprise qu’il affiche reste sur son visage, sûrement une surprise simulée. Tout s’est passé à la suite, un joli cluster. Pour moi, je pense qu’il était au courant. :) « 

Analyse vocale

Retournons un instant sur l’analyse vocale de cette scène. Lorsque l’on fait une analyse vocale il faut s’attacher à repérer 4 critères différents. Je ne vais pas rentrer dans les détails car il s’agit d’un cours entier de ma formation Non-Verbal en Action. Mais voici ces 4 critères. Il faut s’attacher à prêter attention au volume de la voix, à la hauteur de la voix, au tempo, c’est à dire au débit de parole et aux perturbations vocales. D’ailleurs je vais repasser la vidéo sans les images simplement avec le son pour que vous puissiez prêter attention à ces 4 facteurs que je viens de mentionner.

Pour le 1er critère, c’est à dire le volume. C’est un élément qui est difficile à prendre en compte. Je ne remarque pas de variation particulière. Pour le second critère, la voix a tendance à partir dans les aigus à certains moments. Réécouter au niveau du « NON ! » Le son de la voix n’est pas homogène. Ensuite le tempo. Comme je vous l’expliquais tout à l’heure la première réponse « Pas d’excès de vitesse » a été très rapide. Plus une réponse est rapide, plus la personne a tendance à vouloir se débarrasser de la question.

Finalement si on s’attache à analyser les perturbations vocales apparaissant en cas de stress et bien, elles sont présentes. Ici encore on a les « euh » qui apparaissent et ce n’est pas du genre d’un président de s’exprimer de la sorte. Donc encore un indice de stress dont je vous laisse prendre conscience.

Maintenant pour terminer cette analyse, je vous propose de regarder le dernier passage juste avant que la vidéo ne coupe. C’est d’ailleurs bien dommage qu’elle se coupe à ce moment là car ici François Hollande reprend le dessus. Il affiche un sourire social. Il relève la tête qui passe au dessus de son axe normal, on a l’impression qu’il bombe le torse. Ici il s’agit d’un joli cluster d’autorité. Et entre nous c’est bien normal puisqu’il pose la question suivante au journaliste. Et regardez, c’est désormais le journaliste qui a une position de gravité, la tête vers le bas. La situation s’inverse. La raison vient certainement du fait que pour suivre le convoi présidentiel, le journaliste a dû lui même enfreindre le code de la route. C’est à dire que la situation se retourne contre lui. Le président a repris ses esprits. Il en joue à la fin, il se veut légèrement provoquant, voire taquin.

Conclusion non-verbale

Maintenant pour conclure et à la vue de tous ces éléments à la fois vocaux et visuels, on a un cluster important d’indices non-verbaux illustrant l’inconfort du Président au début de l’extrait. Rappelez vous que le vocal est tout aussi important que le visuel dans vos observations. Donc pensez à ouvrir aussi bien grands vos yeux que vos oreilles.

Maintenant, posez–moi toutes vos questions ou remarques en dessous de la vidéo. Il y a toujours des échanges très sympa et c’est cette discussion qui est le plus intéressant. j’ai pu manquer certains éléments, peut-être n’êtes vous pas d’accord avec certains. Pour toutes les réactions en rapport à cette analyse, laissez moi un commentaire et je vous lirai avec plaisir. 

C’était Romain  Collignon, le Décodeur du Non-Verbal et je vous retrouve très bientôt pour une prochaine analyse non-verbale. 😉

14 réponses
  1. guillaume
    guillaume dit :

    bonjour

    merci pour ces petites astuces .

    cependant il m’a semblé plutôt voir au moment ou Mr hollande tourne la tète derriere lui y voir une sorte de demande d’appui voir de confirmation de l’a part de l’un de ces « complice » meme si je suis partielement d’accord avec votre point de vu . une expression peu elle du coup caché plusieurs choses a comprendre ?

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  2. jean philippe/http://bodyneverlies.net/
    jean philippe/http://bodyneverlies.net/ dit :

    Bonsoir,

    Très bonne analyse sur un temps très court. Par contre, il y a bien congruence entre ce qui est dit et le geste. Il fait bien non de la tête quand il dit « non pas d’excès ». Tout est comme tu le dis dans la répétition de la question.

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  3. Catherine
    Catherine dit :

    Votre analyse est excellente. J’adore !
    Votre conclusion m’a fait rire : Le journaliste lui aussi, pour suivre le convoi présidentielle a dû enfreindre les limitations de vitesse.
    C’est génial ! Vous devriez avoir une émission rien qu’à vous pour les prochaines présidentielles. Il y aurait, j’imagine, beaucoup de choses à dire !
    J’ai noté que toutes les personnalités derrière le Président Hollande, sourient. Un sourire de complicité ? Peut-être avaient-elles été prévenues que le Président serait en retard ? Par respect du timing, un Président peut s’autoriser quelques dépassements… L’heure semble être à la détente me semble-t-il. Ces sourires sont des sourires de confiance, comme si rien ne pouvait ébranler le président. Il a l’air aussi de chercher quelqu’un du regard. Le chauffeur ? Pour se rassurer lui-même ?
    Amusant. Merci Romain

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  4. Daouani
    Daouani dit :

    Bravo Romain pour cette pertinente analyse…Il faut reconnaitre que Monsieur Hollande s’en sort des fois avec beaucoup d’aisance …Etant moi-même synergologue et enseignant de cette discipline au Maroc dan le cadre d’un Master de Communication politique , Université Hassan II Ain Chok , Faculté des Sciences Juridiques Economiques, et Sociales..je trouve que Monsieur Le Président reste égal à lui même et ses émotions sont pour la plupart en adéquation avec son langage non verbal…
    Merci et à très bientôt

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  5. do
    do dit :

    Bonjour Romain,
    Vidéo très taquine et apprécié dans le jargon journalistique ceci est un sujet marronnier, mais revenons sur la vidéo.
    Il y a la phrase qui suit immédiatement après la répétition mots pour mots LE JE SAIS PAS ! qui pour moi est à prendre en compte comme supplément d’inconfort mais aussi de défense accompagnant le geste de recherche et de dégagement de la question épineuse.
    Je la mettrai dans la case liens complicité avec le conducteur et le reste du convois englobant la question du journaliste  » tu me vise mais je suis pas seul dans ce cas  » inconsciemment permet au président de rebondir pour retourné la situation par la suite au journaliste.

    Gilbert

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  6. florent
    florent dit :

    excellente analyse comme toutes les autres mais c’est tellement plus marrant quand il s’agit du président! juste une question de demandé si « sa a été signalé » n’est pas révélateur d’un malaise en voulant changé de sujets ou être faussement naïf ?

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  7. Baptiste
    Baptiste dit :

    Je noterais également le chauffeur (ou autre ?) derrière le président à gauche qui lorsque F. Hollande dit « euuh non » a un léger pincement de lèvre avec un sourire que je trouve plutôt… complice :)

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  8. Clement
    Clement dit :

    Hello,

    Un commentaire tardif sur cette analyse, mais un rajout qui je pense est intéressant :
    Lorsque le journaliste pose la question au président, l’homme derrière à gauche, avec une cravate rouge :
    – se pince les lèvres = sans doute pour étouffer ce qui pourrait être un mensonge
    – puis a un sourire de « contempt », montrant sans doute la manipulation.

    Qu’en penses-tu Romain?

    Merci pour ces vidéos !
    Clément

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  9. Weshouilles
    Weshouilles dit :

    Bonjour Romain, merci pour le partage. J’ai cru déceler dans les micro expression de Hollande cette suite : surprise, peur, colère. Est-ce que je l’ai imaginé, je me trompe ou c’est réellement le cas? Merci de répondre :)

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  10. cmorel
    cmorel dit :

    le fait que M. Hollande ait les sourcils levés lorsque le journaliste lui pose la question de l’excès de vitesse ne signifie t’il pas que le président connais déjà la réponse à la question posée !?

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