christine gagnon

Synergologie : interview de Christine Gagnon, experte du domaine

Quand on apprend le langage du corps, on se retrouve vite confronté à une énigme de taille :

Quelle est la bonne méthode d’apprentissage ?

Il existe en effet plusieurs manières d’apprendre le langage du corps et je reconnais qu’il est parfois difficile de s’y retrouver avec la multitude des enseignements existants. Du mystique à la rigueur scientifique, il y a de quoi s’emmêler les pinceaux.   😕

Afin de faire table rase sur ce sujet, je souhaite vous donner une idée plus précise de ces principaux courants non-verbaux et aussi créer des ponts entre ces disciplines.

Les interviews de l’été

Tout au long de l’été, je vous propose donc d’écouter une série de trois interviews d’experts reconnus sur la scène internationale. En particulier, vous découvrirez :

  1. l’approche synergologique basée sur l’étude de vidéos (c’est l’interview d’aujourd’hui !),
  2. l’approche scientifique au sens académique du terme
  3. et finalement l’approche expérimentale sur le terrain qui comme vous le savez, je privilégie beaucoup. 😉

Sans plus attendre, je vous propose d’ouvrir les festivités avec l’interview de la charmante Christine Gagnon, une experte quebecquoise de la communication non-verbale et diplômée de synergologie. Dans cette interview, vous allez apprendre :

  • ce qu’est la synergologie
  • comment fonctionne la synergologie
  • un conseil essentiel pour améliorer votre communication
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Vous pouvez écouter cette interview en cliquant sur le bouton Play au-dessus, ou télécharger le MP3 en cliquant sur Télécharger ou en faisant un clic droit ici puis « enregistrer le lien sous…. » ou récupérer l’interview sur iTunes. Ce n’est pas le choix qui manque. 😉

Si vous avez une question sur cette interview ou sur la synergologie, Christine m’a glissé dans mon oreillette qu’elle y répondra très volontiers alors allez-y sans vous priver. 😉

Transcription texte de l’interview autour de la synergologie :

Romain Collignon : Bonjour, ici Romain Collignon du blog Le Décodeur du Non-Verbal.fr. Aujourd’hui, j’ai la chance de recevoir en direct de Montréal Christine Gagnon, une experte de la communication non-verbale et diplômée de synergologie. Bonjour Christine,

Christine Gagnon : Bonjour Romain,

Romain Collignon : Alors peut-être pour commencer cette interview et afin que les lecteurs du blog puissent apprendre à te connaitre, est-ce que tu pourrais nous raconter ton histoire et ce qui t’a amenée à devenir une experte de la communication non-verbale ?

Christine Gagnon : Très certainement, en fait, j’ai eu une entreprise de communication il y a bien longtemps de cela. Dans cette compagnie de communication, j’étais directrice artistique pour ma propre boîte et j’ai vu un jour à la télévision Philippe Turchet. C’était en 1994. Il parlait de son livre à ce moment-là, La Synergologie. J’ai trouvé ça vraiment intéressant parce qu’il disait dans ce livre que les gens qui croisaient les bras n’étaient pas nécessairement fermés.

Cela m’a tout de suite touché parce que je me suis dit « Mon Dieu, c’est exactement comme moi, je ne me sens pas si fermée que ça lorsque je croise les bras » et j’étais même assez choquée lorsque les gens me disaient : « Oh! Tu es fermée, tu as les bras croisés ». Alors je me suis dit : « D’accord, je suis une femme d’affaires, j’aimerais bien savoir ce qui se passe devant moi lorsque je suis avec mes clients. » Et la Synergologie pouvait probablement m’apporter ça.

Alors ce que j’ai fait c’est que j’ai acheté tout de suite le livre de Philippe Turchet. Je l’ai trouvé très technique et je me suis dit de nouveau : « Mon Dieu, il va me falloir vraiment une formation : je vais aller faire un we de non-verbal, ça va être cool, ça va être bien, je vais être bonne après ça. » Sauf que, rendu sur place, Philippe Turchet nous indique qu’il s’agit de 300 heures de formation. Alors Wow! Je me suis dit : « D’accord, on va beaucoup plus loin que les croisements de bras et de jambes. »

Romain Collignon : C’est sûr.

Christine Gagnon : Oui et puis là je me suis que c’était vraiment génial. Après ce we, je suis amoureuse de la synergologie. Je me suis dit : « Mon Dieu, il y a tellement de choses à apprendre, moi qui croyait que c’était simplement quelques gestes » et bien non, il y avait toute une stratégie derrière ça, il y avait toute une science, il y avait tout un monde incroyable à découvrir alors je me suis dit : « Bien je me lance là-dedans. »

Au bout de 300 heures, j’obtiens mon diplôme. La journée suivante, j’ouvre une deuxième entreprise qui est un cabinet de conseil en communication non-verbale. Les responsables en sécurité ont vu l’intérêt de cette discipline dont les Forces Armées Canadiennes qui avaient contacté Philippe et d’autres collègues. Je travaille également avec le Barreau du Québec aussi, j’enseigne aux avocats. Je présente également aux 300 juges du Québec, je suis avec des gens dans le domaine de la négociation, de la sécurité, de l’intervention également – que ce soit dans le domaine psychologique ou dans le domaine de l’intervention sociale : travailleurs de rue, dans la toxicomanie, etc. j’interviens un peu partout.

Depuis ces années-là je ne fais que ça maintenant. Évidemment, ça a pris beaucoup d’ampleur donc j’ai délaissé mon entreprise de design graphique pour ne faire que du non-verbal finalement, que de la synergologie.

Romain Collignon : D’accord, merci Christine. Alors tu as déjà mentionné la synergologie, tu en es d’ailleurs diplômée. C’est un sujet que j’aborde peu sur le blog et j’aimerais beaucoup que tu puisses nous parler un peu de ce qu’est exactement la synergologie. J’ai entendu parfois qu’il s’agit d’une méthode d’analyse du non-verbal, d’une pseudoscience, d’une discipline, voir même d’une marque. Alors est-ce que tu pourrais nous éclairer sur ce sujet et nous dire de quoi il en retourne ?

Christine Gagnon : Certainement. En fait, Philippe Turchet travaille sur cette discipline-là depuis 1980. Il a pris chaque partie du corps et les a analysées pour bien comprendre son fonctionnement avec nos idées, nos émotions, notre cerveau : pourquoi nous fonctionnons de telle façon, pourquoi nous bougeons de telle façon ? La synergologie, c’est donc une discipline dans le domaine de la communication qui aide à comprendre le non-dit; à comprendre ce qui se passe devant nous pendant que nous communiquons avec l’autre.

Il faut comprendre que nous ne sommes plus seulement qu’un interlocuteur, un intervieweur, nous sommes deux locuteurs et deux récepteurs et donc pendant que je parle, l’autre me donne de l’information et vice versa. Donc c’est extrêmement intéressant avec la discipline de synergologie qui elle est validée d’une façon très stricte. En fait, ce qui se passe, la différence entre la synergologie et le non-verbal populaire : le non-verbal populaire est beaucoup plus intuitif. Les gens parlent de bon, tel geste veut dire telle chose etc. donc ça c’est plutôt intuitif et non pas validé vraiment. Ils ont vu que ça pouvait vouloir dire telle chose, telle chose.

La synergologie elle, ce qu’elle fait, c’est qu’elle travaille d’une façon rigoureuse à essayer de valider ou de comprendre le geste. Donc pour comprendre ce geste-là, nous regardons un geste. Tiens, laissez-moi vous donner un exemple : Disons que pour la première fois, nous sommes synergologues tous les deux et nous voyons quelqu’un pour la première fois se gratter sur la joue droite avec la main droite. Bon, c’est la première fois qu’on voit ça, on se dit : « mon Dieu, qu’est-ce que c’est ça? ».

Tout de suite, on commence à vérifier l’hypothèse, donc on émet une hypothèse, on regarde qu’est-ce qui se passe pendant que cette personne-là se gratte la joue, elle est dans une discussion un peu dure, un peu ardue, la personne semble un peu énervée, voir agressive. On se dit : « d’accord notre hypothèse de base pourrait être que chaque fois que quelqu’un se gratte sur la joue droite avec la main droite, elle est énervée ou agressive ».

Donc ce qu’on fait à partir de là c’est qu’on accumule des vidéos. Disons une centaine de bandes vidéo par geste. Ce geste-là, nous devons le retrouver dans une centaine de bandes vidéo. Donc dans chacune de ces vidéos-là on doit voir quelqu’un qui se gratte sur la joue droite avec la main droite. Qu’elle provienne de n’importe quel pays, que ce soit dans n’importe quelle circonstance, il faut voir le même geste. On met des pommes avec des pommes et des oranges avec des oranges.

Romain Collignon : Dans le même panier 😉

Christine Gagnon : Exactement. Donc c’est ce qu’on voit dans les cent vidéos. On vérifie ça, on analyse ça un peu, on s’aperçoit que dans au moins 80% des cas, la personne est énervée ou agressive. On se dit : « tiens, première couche d’interprétation : légèrement validée. » Je dis validée légèrement pourquoi? Parce que c’est… le non-verbal c’est une science qui est très… qui est comme la psychologie, très difficile. On n’a pas de machine de branchée sur nous qui nous dit : « madame, vous avez une colère à 83%, faites attention ». Donc évidemment, il faut toujours vérifier l’interprétation. Bref, l’interprétation, première couche de validation compétée.

Deuxième couche de validation pour le synergologue, il doit voir, regarder l’environnement. Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose à l’extérieur, qui provient de l’extérieur qui est venu atterrir sur cette joue-là et qui est venu chatouiller la personne? Ou peut-être que, étant un homme, disons que je suis un homme, la barbe me pousse, ça me pique, il se passe quelque chose, bref ma peau est sèche ou whatever, il se passe quelque chose qui fait que je me gratte sur la joue. Ça, ça provient de l’extérieur et donc ça ne valide pas le geste. Au contraire, ça nous dit : « faisons attention, l’interprétation n’est pas agressivité parce que ça provient de l’extérieur » donc s’il y a rien de l’extérieur, la validation est bien intégrée.

Troisième couche, tout de même, parce que les deux premières, ce n’est pas suffisant – la troisième couche nous explique de regarder les autres items sur le corps, les autres indicateurs. En synergologie, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un geste n’est pas valide. On doit avoir quatre, cinq, six gestes qui vont dans le même sens pour dire qu’il se passe telle chose ou telle chose chez cette personne-là. Donc vous voyez que ce n’est plus intuitif comme ça l’a toujours été dans le non-verbal.

Donc ce qui se passe, c’est si je vois plusieurs items, exemple : la glabelle entre les deux yeux, les sourcils qui se froncent, la bouche en extension donc la mâchoire contractée, les narines dilatées, etc., les mains fermées – là je vais me dire : « d’accord, il y a assez d’items pour dire que cette personne-là maintenant, elle est agressive ou énervée ». Donc, c’est la manière dont on valide ou en tout cas qu’on essaie d’interpréter du mieux que l’on peut le geste devant nous. Donc c’est pour ça que ce n’est pas de l’intuition mais c’est bien basé sur une technique qui est vraiment très rigoureuse.

Romain Collignon : D’accord, la technique de synergologie. Alors si j’ai bien compris, donc dans un geste qu’on observe en synergologie, il y a une démarche, une méthode derrière pour les catégoriser, notamment en tenant compte et bien du contexte dans lequel il a lieu et puis finalement dans un ensemble de gestes environnants qui permettent d’identifier un comportement. Si je ne me trompe pas aussi, il existe un code dans lequel on peut en synergologie identifier les gestes.

Christine Gagnon : Oui.

Romain Collignon : Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus à ce sujet, à quoi sert-il et pourquoi un tel code?

Christine Gagnon : Oui en fait, nous appelons ça la nomenclature. Ce qui se passe en synergologie, c’est que nous avons tellement de vidéos. Je donne un exemple : si je vous ai dit tout à l’heure que un geste, il fallait accumuler au moins une centaine de bandes vidéo, Philippe Turchet a validé au-dessus de 2,700 gestes aujourd’hui. Donc imaginez les vidéos que nous avons. Nous avons d’ailleurs un serveur qui détient tous ces vidéos-là où tous les participants, donc les étudiants en synergologie et les synergologues mettent la main à la pâte et voir mettent des vidéos pour valider d’autres gestes.

Donc vraiment, tout le monde travaille là sur cette plateforme-là. Sauf qu’il faut tous se parler du même langage. Je peux ne pas mettre une vidéo à l’intérieur de cette base-là de vidéo et l’appeler : « yeux » exemple. Il y a trop de choses qui peuvent se passer avec les yeux. On peut avoir l’œil gauche plus grand, on peut avoir l’œil droit plus petit en stress, on peut cligner, double cligner des yeux, on peut cligner plus rapidement de la paupière gauche que de la droite, tout ça, ça veut dire des choses. On peut regarder à gauche, à droite selon le passé, le futur, etc. Donc ça nous prend des codes pour expliquer aux synergologue que lorsqu’il va ouvrir la vidéo, nous allons voir tel geste.

Je vous donne un exemple : disons que ma main est placée ouverte et elle pointe vers vous avec les doigts. Nous, nous appelons ça une M3 d’accord, la configuration M3. Donc la configuration de la main étant M3 ce qui nous indique que la personne est en train de se dire à l’intérieur pendant qu’elle parle : « on avance ensemble, on va travailler ça vous et moi ensemble dans l’action ». Donc c’est un geste qui est assez positif. Donc pour coder ce geste-là, nous allons donner une GMC M3 H pour horizontal, les doigts tendus, bon etc. Donc on met la première lettre d’un paquet de gestes comme ça qui nous indique que lorsque la personne va ouvrir la vidéo, nous allons voir une M3, donc une main très ouverte qui pointe vers l’autre.

Romain Collignon : D’accord. Donc si je comprends bien, il y a une sorte de grille d’interprétation synergologique avec différents items et différents codes associés, alors je vous pose une question Christine : est-ce qu’il faut apprendre par cœur cette grille parce qu’on parle de vidéos notamment répertoriés, mais en temps réel dans la vie de tous les jours, comment tu fais pour capter l’ensemble de ces éléments?

Christine Gagnon : Oui en fait, vous connaissez bien la synergo à ce que je vois hein?

Romain Collignon : Je me suis renseigné.

Christine Gagnon : Oui, je vois bien ça. Écoutez, non, ces codes-là nous ne devons pas les apprendre par cœur, il existe un document, un petit manuel que nous appelons le « Corpus » ou tous ces codes-là, ils sont inscrits avec toute la définition du geste. Donc la personne n’a simplement qu’à tenir son corpus avec elle et lorsque elle cherche un… exemple : un épaule de séduction, elle a tout simplement à savoir que dans ses notes, l’épaule gauche par exemple s’appelle 61 et que c’est une réaction bon etc. Nous apprenons aux synergologues à réfléchir d’une façon beaucoup plus structurée pour comprendre ces codes-là mais les codes n’ont pas à être appris par cœur. Mais ils sont tellement logiques qu’on a juste à se poser les bonnes questions pour comprendre quel est le code.

Romain Collignon : D’accord. Alors on a fait un tour de la synergologie très intéressant, vous faites partie de ces gens dont le métier touche à la communication non-verbale, alors je me demandais de quelle façon vous aidiez vos clients, vos collaborateurs à décoder le non-verbal et peut-être si vous aviez des exemples à nous donner dans votre travail?

Christine Gagnon : Oui, certainement écoutez. Exemple : disons que je suis avec les Forces Armées Canadiennes. La personne qui s’approche du militaire a un sac dans le dos, d’accord, un « pack sac » qu’on appelle ici en Amérique, donc un sac qui se pose sur le dos. La personne se mène vers le militaire, le militaire doit vérifier – évidemment on ne voit pas à travers les personnes, donc on ne sait pas s’il y a une bombe dans ce sac-là ou bon, sauf qu’on peut voir l’état de la personne qui s’en vient vers nous. On peut voir son type de stress, son type de nervosité, on peut vérifier sa fermeture, son ouverture, des émotions travesties, son… bon on peut voir un paquet de choses comme ça, ce qui amène le militaire à savoir qu’est ce qui s’en vient vers lui. Donc à se préparer à -.

Ces militaires-là doivent également négocier avec les villageois lorsqu’ils partent an Afghanistan ou ailleurs. Donc qu’est-ce qu’il voit pendant la négociation sur le terrain, c’est extrêmement intéressant à vérifier parce qu’en synergologie, il n’y a pas juste les items qui sont intéressants. Les items, donc le non-verbal en synergologie, c’est une partie de la synergologie. L’autre partie de la synergologie, c’est le questionnement, c’est l’interrogatoire. On questionne selon le geste que l’on voit et ça nous emmène vraiment à une communication qui est vraiment intéressante où on va chercher beaucoup de clés pour comprendre ce qui se passe.

Si je suis avec des ressources humaines, des gens en ressources humaines. Exemple : on m’a engagé dernièrement pour effectuer une analyse d’un haut-cadre qui serait probablement engagé. La sécurité ou en tout cas les gens du département de ressources humaines m’engagent pour vérifier si cette personne-là dit la vérité sur certaines questions. On me présente souvent comme une stagiaire, comme une secrétaire, comme bon, quelqu’un d’autre. Un jour, je serais trop vieille pour être stagiaire mais bon. Doc là ce qui se passe c’est qu’on me présente comme quelqu’un d’autre et moi je ne pose pas de questions, je ne suis qu’observatrice et j’émets un rapport sur cette personne-là. Évidemment, j’ai les questions d’avance donc je sais exactement où seront les questions intéressantes à observer.

Romain Collignon : D’accord.

Christine Gagnon : Si je suis avec des intervenants sociaux qui travaillent avec des jeunes en toxicomanie, qui ont des problèmes de drogue, qui sont dans la rue, des jeunes filles en détresse, etc. alors là on y va beaucoup plus par le questionnement. Donc qu’est-ce qu’on peut voir lorsqu’on questionne ces gens-là, ces jeunes-là. Donc c’est beaucoup des psychologues qui interviennent, des intervenants sociaux et tout donc là on y va vraiment… ce qui se passe c’est que chaque domaine, on doit faire un audit, c’est-à-dire vraiment vérifier comment le client rencontre ces gens et qu’est-ce qu’il a de besoin, quel est son objectif, et faire un plan de cours vraiment adapté à ces besoins. Donc c’est ce qu’il faut faire avec la synergologie.

Romain Collignon : D’accord. Et Christine, vous êtes également l’auteure du livre : Voir Mentir. Alors je serais curieux de savoir de parlez-vous dans ce livre? Est-ce qu’il s’agit uniquement de mensonges?

Christine Gagnon : En fait, il est assez général. Il a été écrit, donc je suis co-auteur de ce livre-là avec Christian Martineau. Nous avons écrit ce livre-là pour les gens en sécurité, surtout pour les forces armées parce que ces gens-là ne voulaient pas attendre que ce soit valide scientifiquement dans dix ans pour pouvoir utiliser la synergologie. Donc ce qu’on a fait, c’est qu’on a écrit tout de suite un livre qui était un outil rapide d’intervention sur le non-verbal et le non-dit. Bon évidemment, il fallait que ce soit peu accrocheur, donc on a appelé ça : « Voir Mentir ». Sauf que – bon c’est sûr que c’est très accrocheur – sauf que lorsqu’on lit le livre, il est extrêmement pratique, facile à lire, il est imagé et il nous renseigne sur le non-dit de la personne devant nous.

Ça ne veut pas dire que la personne qui ne veut pas nous dire quelque chose nous ment. Cette personne-là a juste l’intention de garder pour elle de l’information pour X raison. Donc, c’est à nous à vérifier si je suis enquêteur, de vérifier le mensonge. Si je suis psychologue, de vérifier pourquoi il y a du non-dit. Si je suis en ressources humaines, vérifier est-ce que cette personne-là est trop timide ou bon, donc voyez-vous, oui voir mentir, détecter le mensonge, mais c’est tellement applicable dans d’autres domaines parce que on n’est pas toujours en train de mentir même si on cache de l’information. On le cache pour toutes sortes de raisons. Donc ce livre-là il est vraiment approprié à toutes sortes de métiers.

Romain Collignon : D’accord. Bien je vous remercie Christine pour la précision autour de votre ouvrage. Alors peut-être pour terminer cette interview, j’aurais une dernière question à vous poser. C’est une question qui va sûrement intéresser les lecteurs puisque j’ai envie de vous demander : est-ce que vous auriez un conseil à donner aux lecteurs du Décodeur du Non-Verbal qui souhaitent améliorer leur apprentissage de la communication non-verbale? Si vous aviez un conseil, quel serait ce conseil?

Christine Gagnon : Oh, mon Dieu que j’en aurais mille à donner mais disons que je m’arrête à un, alors…

Romain Collignon : Le meilleur!

Christine Gagnon : Le meilleur, mon Dieu, pour bien communiquer il faut utiliser les trois niveaux de communication : les mots, évidemment, à dire des choses intéressantes, mais ça n’est pas suffisant. Il faut aussi donner le ton et l’intonation de la voix qui est extrêmement intéressante (38%) Ecoutez, si moi je décide de ne pas bouger devant vous, et bien je tombe inintéressante visuellement. Vous avez le droit de regarder ailleurs parce que je ne vous ne donne aucune information avec mon non-verbal. Alors si je veux être intéressante, si je veux être vraiment à 100% dans la communication, il faut utiliser, et se laisser aller surtout parce que l’authenticité en synergologie, c’est de la fluidité dans les gestes. Donc quand on se laisse aller, on dégage vraiment quelque chose d’extraordinaire, et les gens nous trouvent intéressants.

Romain Collignon : Alors sur ce dernier conseil, Christine et bien je vous remercie beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à cette interview et puis d’avoir partagé avec nous votre expertise du langage du corps. J’ai beaucoup apprécié votre façon de traiter du sujet et de nous donner un si grand nombre d’informations sur la synergologie qui est un domaine, une discipline que j’aborde très peu sur le blog. Et puis pour que les lecteurs puissent découvrir votre travail et s’ils sont curieux d’aller plus loin dans ce que vous faites, je vais mettre un lien en dessous de l’interview. Je vous remercie encore et puis je vous dis au revoir.

Christine Gagnon :   Merci, bye-bye.

 

11 réponses
  1. stephanie
    stephanie dit :

    Vidéo très intéressante, je ne connaissais pas du tout la synergologie. y a t-il en France des experts reconnus en non verbal ou des sociétés en communication spécialisées ?

    Répondre
    • Xavier
      Xavier dit :

      Oui il en a plusieurs, il suffit de taper « synergologie » sur google. Pêle mêle, il y a Philippe Turchet, Stephen Bunard, Olga Ciesco, moi même… Et bien d’autres!

      Répondre
  2. Lucas
    Lucas dit :

    Salut, j’aimerai faire synergologue et je connais les études, mais je ne sais pas ou étudier la synergologie, dans quel pays, dans quel école et dans quel ville ?
    Merci de me répondre ça fait plus de 4 moi que je cherche et je ne trouve pas.
    Cordialement,
    Lucas.

    Répondre
  3. Alexandre B
    Alexandre B dit :

    Bonjour Romain,

    Je ne savais pas qu’il existait une science du non verbal. Apparemment les spécialistes sont nombreux, y a-t-il des synergologues français reconnus internationalement ?

    Au plaisir d’écouter tes futures interviews :)
    Alex

    Répondre
    • Xavier
      Xavier dit :

      Philippe Turchet et Christine Gagnon sont deux synergologues très reconnus! La Synergologie est étudiée dans plusieurs pays maintenant, et pratiquement dans toute l’Europe.

      Répondre
  4. Act-InCom
    Act-InCom dit :

    Bonjour,
    Merci Romain pour cette belle interview de Christine Gagnon. Elle replace à juste titre la notion d’authenticité au centre de la relation. La synergologie n’a pas pour but de maniérer l’homme dans son langage corporel ni de faire des personnes qui ont étudié cette discipline des observatoires ambulants de la détection du mensonge. Pour faire simple, elle est un outil supplémentaire de lecture de la communication. @Arturo, merci pour ton humour ;-), et cela me rappelle que le premier gastronome qui a voulu faire un plat, alors que depuis des milliers d’années ont mangeait du mammouth cru a dû être perçu comme tu l’évoques comme un ….. logue ??
    Romain a le mérite d’ouvrir le débat entre les disciplines,Bravo !
    Bien à vous,
    Act-InCom

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