Couple qui prend de la distance

[Vidéo] Décoder les 4 réactions fondamentales en situation de stress

Dans cette vidéo, vous allez découvrir les 4 réactions fondamentales du corps lorsque l’on est confronté à une situation stressante (face à un danger, en présence d’une personne que l’on n’apprécie pas, etc…). Ces 4 réactions sont la base du langage du corps et il est important de savoir les repérer.
A la fin de la vidéo, je vous propose un exercice pour mettre en application ce que vous venez d’apprendre.

Et laissez moi un commentaire pour me dire si vous avez déjà vécu l’une des situations dont je parle dans cette vidéo. Cela me fait toujours plaisir de pouvoir lire vos propres expériences. 😉

Transcription texte :

Bonjour et bienvenu dans cette nouvelle vidéo du Décodeur du non verbal. Dans laquelle je vous propose aujourd’hui de découvrir 4 des réactions les plus fondamentales chez l’être humain.

Ces réactions se sont construites pendant des milliers d’années et notamment afin de faire face aux prédateurs. Elles ont permis aux Hommes (avec un grand H) de survivre. A une époque où pour nos ancêtres, il était courant de se faire attaquer au détour d’un bosquet. Que ce soit par une bête féroce ou je ne sais quel animal ou autre village avoisinant. Et dans notre vie de tous les jours et bien… on utilise toujours et continuellement ces réactions. Et c’est ce que vous allez découvrir dans cette vidéo.

 

Je trouve qu’il est vraiment important de connaître ces 4 réactions. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je fais cet article en vidéo. Car elles sont la base de la plupart des gestes que l’on peut observer dans la vie quotidienne mais surtout ces gestes s’observent lorsque quelqu’un n’apprécie pas la situation dans laquelle il / elle se trouve. C’est toujours utile pour le décodeur que vous êtes de prendre conscience de ces gestes.

Rappel du système limbique

Comme vous vous en doutez peut-être, si ces réactions sont aussi fondamentales, c’est que notre système limbique, ne se cache pas très loin. J’en ai déjà parlé sur le blog du système limbique mais pour en faire un bref rappel, il faut savoir que beaucoup de nos mouvements et de nos gestes sont un héritage qui a été construit à travers notre évolution. Ces réactions réflexes ont été acquises pendant plusieurs milliers d’années, l’Homme a notamment appris à les développer par rapport à sa survie.

Ces réactions instinctives sont désormais stockées dans un endroit bien spécifique de notre cerveau que l’on appelle le système limbique. C’est comme un kit de survie qui est livré à tout être humain dès la naissance.
Et donc dans ce système limbique on a gardé à travers les millénaires des réactions face aux dangers. Mais celles-ci se déclinent également lorsque l’on n’apprécie pas une situation, quand on est stressé ou qu’on apprécie que moyennement la compagnie d’autrui. Allons découvrir ces 4 réactions.

Les 4 réactions face aux dangers/stress

En effet, il existe 4 réactions :

–       La première, c’est littéralement de « Geler sur place » face à un danger.

–       La seconde c’est de « jouer à cache-cache. »

–       La 3ème réaction sera par un moyen ou un autre de « Prendre les jambes à son cou »

–       Et finalement, quand les 3 premières réactions seront épuisées, il faut « Chausser les gants de boxe » –  attention, cela risque d’être sportif

Ces 4 réactions apparaissent donc face à un danger mais le plus important, et c’est ce qui est intéressant, c’est qu’il existe un grand nombre de variantes qu’on peut observer dans la vie de tous les jours. Décodons maintenant ces réactions en détail. Je suis persuadé que vous allez les reconnaître dans les exemples.

Réaction 1 – « Geler sur place » 

La 1ère réponse du système limbique face à un danger c’est la réponse de gèle. Pourquoi ? Et bien imaginez-vous vivre il y a quelques milliers d’années dans une grotte. Vous êtes à la mode, vous avez une peau de bête sur les épaules, une lance au silex dans la main droite  et un collier avec une dent de dinosaure autour du cou. Je caricature….
Vous sortez de votre caverne pour cueillir des fruits et tout à coup, en plein milieu de la forêt, vous tombez nez à nez avec une bête féroce. Qui plus est, cette bête a l’air d’avoir faim. Alors dans cette situation quelle est votre 1ère réaction ? Je vous pose la question. Vous tentez de vous enfuir ? Peut-être mais pas tout de suite. Vous essayez de l’attaquez avec votre lance. Non, ce ne sera pas votre première réaction. Car la première chose que vous allez faire, c’est tout simplement de geler sur place. Votre corps ne bouge plus votre respiration se coupe alors pas longtemps, ce temps où vous êtes littéralement gelé sur place dure en général quelques millisecondes. Mais le fait de s’immobiliser va vous sauver. Ca vous permet de prendre complètement connaissance de la menace. Cet arrêt momentané est assez long pour permettre au cerveau de faire une évaluation de la situation. C’est un peu comme l’image du lapin qui est pris dans les phares d’une voiture et qui s’immobilise au milieu de sa course.
En faisant cette courte pause, vous mettez à disposition de votre cerveau l’ensemble de vos facultés mentales pour envisager la meilleure stratégie pour échapper à la situation.
Alors des bêtes féroces, me dire-vous, vous ne risquez pas d’en rencontrer en sortant de chez vous après avoir regarder cette vidéo. Alors sachez  que cette réaction de gèle reste aujourd’hui notre première ligne de défense devant un danger.Par exemple, cela vous est certainement déjà arrivé de sortir de chez vous, faire quelques centaines de mètres dans votre rue et finalement de vous arrêter subitement sans raison apparente. Et vous faites demi-tour. Tout simplement car vous venez de penser au gaz qui n’est pas éteint. Il y a là un réel danger potentiel. Vous avez besoin de ces quelques millisecondes de gèle pour prendre conscience de la situation et prendre la décision. Ici celle de faire demi-tour.

Et ce comportement va encore plus loin. Si cette fois-ci vous voyez subitement s’arrêter une autre personne dans la rue sans raison apparente, et bien il y a de fortes chances pour que vous vous arrêtiez également. Il s’agit ici de mimétisme. Le fait de reproduire les gestes ou l’attitude des autres. Sans voir le danger, vous prenez conscience qu’il en existe un, là caché quelque part.
Les hommes ont appris à copier la réaction de gèle des autres dans un instinct de survie.  « Si l’autre s’arrête c’est que vraisemblablement, quelque chose risque de m’arriver dans pas longtemps. »

Réaction 2 – « Jouer à cache-cache » 

Que se passe t-il à la suite de cette réponse de gèle ? Et bien la première chose que l’on fait c’est de se rendre la plus discret possible et d’essayer par tous les moyens possibles de ne pas se faire remarquer. C’est ce que j’appelle jouer à cache-cache.

En effet, face à un danger ou à prédateur, le mouvement est à éviter. Car les prédateurs sont attirés par tout ce qui bouge dans le cas extrême, certains animaux feignent même d’être mort pour ne pas attirer l’attention.

Mais dans la vie de tous le jours, on ne va pas faire le mort lorsque l’on n’est pas à l’aise avec une situation. Par contre, on cherche à prendre le moins de place possible, on essaye de se cacher ou du moins de ne pas attirer l’attention par diverses subterfuges. On se cache derrière des objets.

Rappelez-vous de vos années sur les bancs de l’école. Quand le professeur vous posait une question et que vous n’aviez pas la réponse. Vous ne cherchiez certainement pas à attirer l’attention. Que faisiez-vous ? Et bien vous essayiez de prendre le moins de place possible, de rester immobile sur votre chaise, en évitant les gestes brusques, quitte à se cacher tant bien que mal derrière la personne devant vous.

Ou bien derrière un livre ne faisant semblant de lire. Quand on n’apprécie pas la situation ou que l’on se sent visé, on essaie de se faire le plus petit possible. Un enfant qui fait une bêtise à tendance à se cacher, à raser les murs, à essayer de ne pas se faire remarquer.

L’effet tortue

Si vous avez des enfants, vous avez déjà du voir cette image : c’est ce que l’on appelle l’effet tortue. Et cela ne concerne pas que les enfants. Quand on ne peut pas se cacher entièrement, on essaie principalement de cacher sa tête. On limite son exposition en rentrant la tête dans les épaules. D’où l’expression de l’effet tortue.

En le regardant, on se dit que cet enfant a dû faire une bêtise. Si un enfant adopte  cette position, il y a de fortes chances que la tache de chocolat sur le tapis blanc, et bien, ce soit lui. Cette position est une protection instinctive pour ne pas être pris dans une situation ou on aurait quelque chose à se reprocher. On a tendance à se cacher ou si cela n’est pas possible à se faire plus petit.

Si quelqu’un adopte cet effet tortue devant vous, il y a de fortes chances qu’il y ait anguille sous roche ou comme on dit chez moi, baleine sous gravillon. Et que cette personne ne souhaite pas être prise dans les mailles du filet.

Voilà pour cette seconde réponse qui nous permet de passer en dehors des radars. Mais lorsque l’on est sûr de se faire repérer ou qu’un danger est imminent, il y a deux autres possibilités que nous allons voir. Dans un premier temps la fuite. Le but est d’échapper à son agresseur mais également il existe des réponses de fuite plus subtiles lorsque la situation est inconfortable.

Pour revenir à l’histoire du début de cette vidéo, vous êtes toujours face à ce bête féroce qui a vécu il y a des milliers d’années.
Après avoir gelé sur place et pris ces quelques millisecondes de réflexion, vous constatez que vous ne pouvez ni vous cacher ni faire le mort, il est trop tard.

Maintenant vous allez tenter de prendre la fuite. Et pour ca, des changements s’opèrent dans votre corps.

– Le sang irrigue vos muscles et plus particulièrement dans les jambes pour permettre de prendre la fuite et de courir.

– Vos poumons se remplissent afin de courir plus vite et plus longtemps

Comme vous allez le voir dans l’exemple suivant, on a tendance à prendre de la distance avec les situations que l’on n’aime pas.

Réaction 3 « Prendre les jambes à son cou »

Dans la vie de tous les jours, on ne rencontre pas toujours des dangers qui nous poussent à courir pour les éviter. Mais par contre, quand une situation nous déplait on adopte également des comportement de fuite. La première chose que l’on fait, c’est de créer de la distance pour prendre la fuite

Sur cette image, le deux personnes sont distants l’un de l’autre. Leurs corps sont dans un direction opposée. Ils se fuient mutellement. On peut imaginer qu’ils viennent d’Avoir une dispute. Clairement ces deux personnes ont eu un différent ou n’apprécie pas la présence de l’un ni de l’autre. Je parlais dans un article des zones dans laquelle on laisse rentrer les gens que l’on apprécie dans sa zone personnelle.  Et on laisse dans une zone plus éloignée les gens inconnus (de potentielles menaces). On crée de la distance avec ce que l’on n’aime pas.

Cet enfant qui tourne la tête face à une assiette avec le poisson. Elle crée de la distance en portant à bout portant l’assiette. On voit que cette assiette ne lui plait et qu’elle veut s’en débarrasser. Elle créer le maximum de distance. Elle tourne la tête, ce qui accentue cette distance. Ce sont des signes qui montrent que la situation n’est pas confortable pour lui et qu’il cherche à l’éviter /préférerait être ailleurs

Mais parfois ni l’immobilité, ni le fait de se cacher ni la fuite ne sont suffisants.  Et notre système limbique nous offre un dernier recours. Une réaction de combat.

Réaction 4 « Chausser les gants de boxes »

C’est la 4ème et dernière réponse. La réponse de combat est la dernière réponse dont dispose le cerveau limbique dans sa stratégie de survie face à l’agression. Au cours de l’évolution, les hommes ont, tout comme la plupart des mammifères, transformés la peur en colère et en rage pour riposter face aux assaillants. Parfois face au danger, en venir aux mains est la dernière solution pour s’en sortir.

Mais dans notre monde moderne, la violence n’est pas moralement autorisée voire illégale. Le système limbique a donc développé d’autres stratégies autres que la réponse purement physique. Passons les en revue. Bien que l’on s’engage de moins en moins dans un combat par rapport aux temps anciens, le combat fait toujours partie de notre système limbique. Cela diffère selon les gens et leur aptitude à l’agressivité. Mais il est possible d’être très agressif sans forcément donner des coups. Regardons l’exemple suivant.

Qu’est-ce qui s’était passé ? Son coup de boule interplanétaire était la résultante d’une provocation, d’une menace. On voit sur l’image qu’il crie. La réaction de combat peut être une dispute, une altercation verbale. J’imagine l’utilisation de douces intentions qui ont dues être glissées avant. Des provocations sarcasme sont dans notre monde moderne un dérivé de la réponse de combat parce que ce sont des formes d’agressions. Son corps en dit long, le regard noir, la poitrine gonflée, sa posture ou en entrant dans l’espace personnel d’autrui. Lorsqu’on entre dans votre espace personnel, vous pouvez avoir ce genre d’action pour repousser l’intrus.

Pour résumer, on a vu qu’il existe 4 réponses instinctives face au danger. La première c’est la réponse de gèle qui nous permet de disposer de toutes nos facultés mentales pour évaluer son environnement. Ensuite, vient l’immobilité et le fait de se faire le plus petit possible et discret. Ces deux réactions sont étroitement liées. La 3ème c’est la réactions de fuite et finalement plus rare, la réponse de combat.
Maintenant je vous propose de mettre en applications ce que vous avez appris dans cette vidéo. Pour ma part, j’observe souvent ses 4 réponses dans les transports en commun. Ce sont des endroits où assez fréquemment se trouve une personne marginale qui attire l’attention, j’entends par là que cette personne n’adopte pas les même codes comportementaux de la plupart des gens.
Pour certaines personnes, elle représente une menace. Et prêter bien attention à l’ensemble des personnes présentes. Et vous verrez tout d’abord la réponse de gèle, les gens observerons en essayant de ne pas se faire remarquer. Ils chercheront à analyser le danger réel. Soit ils ignoreront car il ne s’agit finalement pas d’une menace. Mais si la personne est vraiment dérangeante, elles chercheront à s’en éloigner. Je le vois quasiment tous les jours dans le métro.

N’oubliez pas de me laissez un commentaire juste en dessous de cette vidéo pour me raconter vos observations. A bientôt sur le blog.

8 réponses
  1. Jany
    Jany dit :

    Merci! On connait bien ces réactions, mais le fait de les identifier va permettre de les reconnaître comme stress la prochaine fois. et ainsi de s’en détacher plus facilement pour soi, ou de relativiser quand on les voit chez les autres.

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  2. Paul
    Paul dit :

    J’ai également remarqué que lorsque certaines personnes sont dans une situation désagréable et qu’elles sont obligé de rester sur place (dans la même pièce par exemple), elles cherchent quelque chose pour s’occuper les mains (boire un verre d’eau alors qu’il n’a pas soif par ex). Je ne sais pas si c’est lié.

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  3. Alain
    Alain dit :

    Bonjour,
    super clair! et très pédagogique.
    Ce que nous ne savions pas du temps des cavernes, c’est que la joie est aussi un stress, du moins les événements qui la déclenche.
    Je vais porter mon attention à observer si, dans ces cas là les réactions que tu as si bien décrites sont les mêmes que pour les cas de stress dits « négatifs ».
    Cordialement, Alain

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  4. Dylan
    Dylan dit :

    Bonjour Romain,
    J’apprécie beaucoup ce que tu fais,je trouve cela très intéressant!Je voudrais te poser une question qui t’a peut être déjà été posée,mais je viens de découvrir ton site,donc désolé d’avance.
    Ou trouve tu tes informations et tes connaissances?Cursus de Psychologie?Philippe Turchet Synergologie? OU cela est juste une passion?

    Merci à toi de faire partager tes connaissances.
    Cordialement!

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    • Romain
      Romain dit :

      Bonjour Dylan,

      Mes influences sont clairement américaines (Ekman, Navarro, Pease… ). Au delà de la passion pour les dynamiques sociales et le langage du corps, mes articles sont testés sur le terrain. C’est à dire qu’avant de les écrire, je vis le maximum de ce que j’apprends. En tout cas, merci de ton commentaire et bonne continuation sur le blog. 😉
      Romain

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  5. Elsa
    Elsa dit :

    Bjr Romain, très bon article clair et bien construit. Passionnée par les gestes du corps, le comportement humain, je lis souvent ton blog.

    Dans l’article à un moment tu dis que tu ne conseilles pas la 4ieme réaction. Pourtant on peut passer par les 3 premières phases et affronter la situation par le dialogue (et pas forcément les coups) ?

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    • Romain
      Romain dit :

      Bonjour Elsa,

      Il est évidemment conseillé afin d’entretenir un rapport constructif avec son interlocuteur de ne pas être agressif. Cela ne mène à rien et on peut comme tu le dis affronter une situation par le dialogue. 😉 Cependant, chez certaines personnes, cela reste un moyen de défense (verbal ou physique après avoir épuisé les autres réactions).

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  6. Rudy
    Rudy dit :

    Bonsoir je me demander si c’est 4 « réactions » pouvais être présente « lors » d’une questions gênante a une personne ? Et non juste comme dit dans le documentaire a la VU d’un « danger ».

    Par exemple si je demande a ma copine « m’a tu déjà tromper ? » et qu’elle est d’abords surpris par la questions (le gel), puis que elle essaye de ce justifier(le cache cache), puis qu’elle ce mette a éviter le sujet, voir arrêter de me parler (les jambes a son coup) pour finir par « m’agresser » en me disant par exemple « que c’est certainement moi qui l’ai tromper etc »(chausser les gants de Boxe)… es-ce que cela pourrais prouver sa peur et donc sa culpabilité ?

    Merci pour votre réponse, et dessoler pour mes fautes.

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