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4 manières de décoder les gestes

Apprendre et comprendre l’ensemble de la grammaire gestuelle ne suffit pas pour décoder les pensées, intentions et émotions de vos interlocuteurs.

Mais doit-on tout observer et tout retenir dans ce flux colossal de données ?

Non !! Je vais vous expliquer comment regrouper judicieusement un ensemble de signes et postures gestuelles pour que vous sachiez quoi regarder et à quel moment lors de vos décodages.

Vous serez alors en mesure de savoir quelles informations sont nécessaires pour connaitre les sentiments, opinions et intentions d’un proche, d’un ami, d’un collègue ou d’un parfait inconnu.

L’objectif sera donc d’anticiper, par votre décodage, les gestes pouvant nuire ou favoriser vos interactions sociales.

Il ne vous restera alors que le plus simple pour booster vos interactions : Agir avec intelligence non-verbale

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 Décoder la gestuelle, une compétence universelle

L’américain Daniel Goleman, célèbre Dr en psychologie et développement personnel de l’université de Harvard, disait que « ceux qui maîtrisent la communication non-verbale, maîtrisent la manière dont les autres les perçoivent et, de ce fait, réussissent mieux dans leurs vie… »

La valeur universelle de ce savoir permet d’utiliser cette compétence dans toutes vos relations humaines.

Vous pouvez alors agir en fonction des sentiments et des émotions de vos interlocuteurs, tout en prenant en compte leurs intentions réelles lors de vos échanges avec eux.

Cela va de l’interprétation d’un croisement de bras avec une attitude de recul chez votre collègue, à un sourire sincère et des sourcils levés lors de la rencontre d’un ami que vous n’avez pas vu depuis longtemps …

Cependant, acquérir cette aptitude à analyser le langage non-verbal demande de respecter certaines règles comme :

  • La pratique quotidienne : pour que les gestes et attitudes non-verbales vous parviennent de manière automatique, sans faire l’effort de les rechercher.
  • Apprendre par une formation adaptée : l’apprentissage de l’analyse non-verbale doit être encadré par des experts qui vont vous guider au travers des bases scientifiques et des techniques de décodages fiables constituant le vaste monde du langage du corps.

Le tout en évitant bien sur les vendeurs de rêves aux théories fumeuses

Une multitude de gestes à décoder

D’après Desmond Morris, Dr en philosophie et zoologie à l’université d’Oxford, les gestes se décomposent en plusieurs familles.

Ils peuvent être innés et universels, acquis, appris mais aussi partagés par de petits groupes ou clairement individuels.

Les gestes innés sont produits par la partie du cerveau responsable des émotions et des actions de survies universelles : le système limbique.

Ces actions particulières peuvent être protectrices : le corps s’immobilise, se dissimule ou fuit, mais elles sont parfois plus violentes comme avec l’attaque.

Les autres gestuelles, individuelles ou limitées à quelques tribus modernes, servent à décrire, renforcer et ponctuer les discours verbaux mais peuvent également servir à se faire accepter dans un groupe social.

Michael Argyle, Dr en Psychologie à l’université de Cambridge, a travaillé sur les bases des recherches d’Albert Mehrabian, le premier à avoir réalisé des études sur la différence d’impact entre le langage non-verbal et les mots.

Il a défini que le langage gestuel, ancestral ou acquis, est douze fois et demi plus puissant que la communication verbale.

Mais lié au verbal ou non, le langage du corps transmet des messages lors de vos interactions quotidiennes et il est parfois difficile de s’y retrouver.

La ligne de vie du décodage fiable

Pour ne pas faire d’erreur d’interprétation dans l’abondance de gestes que vous pourrez parfois observer, il est indispensable, lors de vos décodages non-verbaux, de prendre en compte le contexte dans lequel ils se déroulent.

Pour approfondir la notion de contexte, cliquez sur le lien et visionnez la vidéo de la série 1jour1geste :

Image de prévisualisation YouTube

Je vais vous détailler 4 manières d’analyser vos interlocuteurs en regroupant des signes allant dans le même sens gestuel.

L’observation devra se faire à la manière de l’assemblage d’un puzzle, en prenant, comme les pièces qui le composent, un ensemble de gestes se rattachant à une attitude ou un comportement non-verbal.

Et tout comme une pièce isolée n’est pas représentative de l’image de ce puzzle, un geste seul ne traduit pas une pensée ou une intention.

Les 4 fantastiques du décodage gestuel

Les attitudes gestuelles de bien être

La partie limbique du cerveau va favoriser cet état.

Les gestes que vous observerez seront ceux de la prise de hauteur et de la légèreté.

Les expressions du visage auront aussi les particularités liées à la joie.

Vous pourrez décoder des gestuelles comme :

  • Des bras actifs pendant le discours verbal
  • Les pouces des mains pointant vers le haut
  • Les sourcils se levant pendant la discussion
  • Un sourire authentique

Lors d’une interaction, les attitudes issues de ces comportements sont participatives.

Les distances entres les interlocuteurs sont plus courtes et les corps sont ouverts, sans barrière de sécurité le protégeant.

Vous pourrez, par exemple, observer la tête penchée sur côté, avec le cou, partie on ne peut plus vitale, dégagé.

Les jambes croisées quand les interlocuteurs sont debout, signe de bien-être car opposé à la fuite …

La synchronisation, ou mimétisme de la position de l’autre, signe extrêmement puissant de bien-être et de coopération lors d’un échange.

En résumé, pour valider votre décodage de l’état de bien-être, posez-vous la question : « est-ce que j’aimerais ressentir ce qu’expérimente comme émotion la personne que j’observe ? »

Si la réponse est « oui ! », alors c’est un état de bien-être.

Votre cerveau limbique ne vous mentira pas, il ne peut pas !

Décoder l’inconfort

Lorsque votre interlocuteur se trouvera dans un état d’inconfort, sa gestuelle va l’indiquer clairement.

Et ces réactions sont instantanées.

Il vous faudra donc être vigilant !

A l’opposé des attitudes coopératives de bien-être qui rapprochent, ces comportements provoqueront des postures avec plus de distance entre les interlocuteurs et des gestuelles de dissimulation, de protection ou de fuite.

  • La tête va légèrement se détourner alors que le regard fixe toujours la personne. Préparation à la fuite tout en surveillant ou par paix sociale …
  • Les pieds, éléments parmi les plus fiables lors d’une observation, vont se diriger vers une source de bien-être ou vers la sortie
  • Les épaules qui peuvent, comme les pieds, se désaxer et se diriger vers un endroit où l’esprit préfèrerait aller.
  • Création d’une barrière devant le torse qui renferme les organes vitaux et que le système limbique va vouloir protéger.

Mais au lieu de le faire avec un bouclier de spartiate, il utilisera les bras en les plaçant devant, sous le couvert d’aller toucher sa montre par exemple. Les femmes pourront mettre leur sac à main devant leur ventre, ou toucher leur collier.

Pour plus de détail sur les gestes barrières, visionnez la vidéo de la série 1jour1geste ci dessous :

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De nombreux objets peuvent aussi servir de barrière de protection.

D’un stylo ou une paire de lunettes, jusqu’à sa voiture …

Lors d’inconfort, quand la protection n’est pas suffisante ou la fuite pas possible, des réactions d’attaques sont parfois visibles.

  • Sarcasme, dénigrement, insultes, sont des formes d’agressions.
  • Production inconsciente de gestes emblèmes injurieux.

Comme le doigt d’honneur utilisé pour se gratter …

  • Pointer une personne du doigt lors d’une discussion animée

Analysez les postures de soumission ou d’infériorité

Dans le décodage du langage non-verbal, la soumission n’est pas la volonté de se soumettre à l’autre mais le comportement visant à s’effacer et se mettre dans une position d’infériorité vis-à-vis de ses interlocuteurs.

Cependant, loin du rapport de force parfois subtil de cette attitude, des comportements de soumission peuvent être produits dans le but de fluidifier certaines relations sociales.

Que ça soit au travail entre collègues ou chez soi dans le couple.

Dans les comportements non-verbaux, vous allez observer des réactions ancestrales mais subtiles de dissimulation.

Mais aussi des gestuelles visant à montrer, inconsciemment, à son interlocuteur que l’on ne représente pas une menace pour lui.

  • Les paumes de mains orientées vers le ciel
  • Les épaules qui montent, en même temps, et font disparaitre le cou. Appelé aussi effet tortue
  • Les pieds joints
  • La tête légèrement inclinée vers le bas ou sur le côté
  • Le buste penché en avant

Des attitudes de soumission peuvent également être observées lors des poignées de mains. Notamment dans les situations où, au lieu d’être perpendiculaire au sol, l’une d’elle se retrouve légèrement paume vers le ciel.

Sachez reconnaitre les attitudes de domination

L’objectif de ces postures est de projeter une image d’autorité, d’occuper plus d’espace et, comme il y a plusieurs millions d’années, de s’imposer et de faire peur.

Vous observerez des postures comme :

  • Les jambes écartées
  • Le torse bombé
  • La position Akimbo: mains posées sur les hanches, bras écartés, pouces vers l’arrière et jambes écartées
  • Assis, avec une jambe croisée à l’équerre
  • Paume des mains vers le sol.

Vous pouvez notamment l’observer lorsque la personne qui parle tente de calmer une situation.

Certains comportements, sans rapport direct avec le système limbique, peuvent également montrer une attitude de supériorité et de domination.

Par exemple, les bras derrières le dos avec les mains jointes ou une main tenant un poignet.

Dans cette posture, le torse est complètement accessible mais le message qui est envoyé est clair « Ne vous approchez pas de moi, je n’ai pas envie d’être touché ! ».

La personne produisant ce geste veut inconsciemment renvoyer une image de supériorité.

Observez les incongruences

Les 4 manières que je viens de vous décrire pour le décodage des gestes sont extrêmement puissantes quand vous les maîtrisez.

Elles vont vous permettre de regrouper le flux important de données gestuelles produit par vos interlocuteurs et de pouvoir adapter votre intelligence non-verbale en fonction de la situation.

Mais cela vous permettra aussi d’observer les incongruences entre le verbal et le non-verbal.

En règle générale, l’intention vient d’abord, puis le corps réagit, les pensées complexes se forment et enfin elles sont verbalisées.

Il ne vous restera plus qu’à comparer ce qui est dit et ce que vous observez

N’oubliez pas : le cerveau limbique ne ment pas …

 

Et si vous commenciez à le mettre en pratique maintenant ?

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